"Au ministère de l’Écologie, les fonctionnaires souffrent et constatent leur impuissance" (article du magazine Reporterre)

vendredi 9 avril 2021


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Enquête — Emploi et travail
"Au ministère de l’Écologie, les fonctionnaires souffrent et constatent leur impuissance"

Article de Laury-Anne Cholez, publié le 6 avril 2021 et mis à jour le 8 avril 2021.

"Les fonctionnaires du ministère de la Transition écologique n’en peuvent plus : surcharge de travail, services désorganisés, sous-effectif durable, hiérarchie aux abonnés absents, efforts vains quand Bercy remporte tous les arbitrages... Beaucoup s’interrogent sur le sens de leur emploi lorsque les politiques menées sont totalement en deçà de ce qu’exige l’urgence climatique.

Ce sont les bons élèves du ministère de la Transition écologique. Des fonctionnaires de catégorie élevée avec des postes à responsabilités et des salaires à l’avenant. Ils travaillent au sein de l’administration centrale, proche des cercles du pouvoir et des ministres, mais ne sont pas pour autant préservés de la souffrance au travail qui touche les services décentralisés ; des parcs nationaux en passant par l’Office français de la biodiversité, ou l’Office national des forêts.

Reporterre a recueilli une dizaine de témoignages qui font état de cadences de travail infernales, de burn out, de perte de sens et d’une totale désorganisation des services. La récurrence des propos, confirmés par plusieurs syndicalistes, prouvent qu’il ne s’agit pas de cas isolés mais de problèmes structurels auxquels l’administration refuse de faire face.

Première source de souffrance : la réorganisation des services utilisée pour masquer une constante réduction du personnel. « Tous les deux ou trois ans en moyenne, les agents subissent une réorganisation. Cela ne date pas d’hier », confirme Isabelle Robert, du syndicat CGT de l’administration centrale du ministère de l’Écologie. « En huit ans, l’administration centrale a perdu près d’un tiers de ses effectifs. Les personnels ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés et, faute de visibilité, ils sont stressés. » Ces bouleversements mènent parfois à des situations ubuesques, (...)" Lire la suite