Un +87 qui cache une suppression nette
Le solde positif repose sur l'aviation civile (+110) et sur 50 chef·fes de projet « Petites villes de demain ». Le programme 217 perd 73 ETP, et 126 sans les postes de réinternalisation numérique.
Le détail →Projet de loi de finances (PLF) pour 2027 · Décryptage fédéral du 2 octobre 2026
Le PLF 2027 poursuit la réduction des moyens humains des ministères de la Transition écologique, de l'Aménagement du territoire, des Transports, de la Ville et du Logement. Un habillage comptable la fait passer pour une stabilisation. Nous avons ouvert les tableaux.
Sans l'aviation civile, les chef·fes de projet du P112 et le numérique, les missions du programme 217 (DREAL, DDT(M), DIR, DIRM) perdent 126 postes. Source : dossier PLF 2027 du Secrétariat général.
Qui est concerné
Concrètement
En un seul budget, le ministère raye 126 postes de ses missions. C'est l'équivalent de tous les agent·es d'une direction départementale comme la DDT 12.
Imaginez l'Aveyron sans DDT : plus personne pour instruire les aides agricoles, contrôler les cours d'eau, prévenir les inondations et les feux, accompagner les communes sur l'urbanisme et l'habitat.
Ces suppressions se répartissent entre les DREAL, les DDT(M), les DIR et les DIRM. Mais elles s'additionnent année après année : 4 963 postes depuis 2016, l'équivalent de près de 40 DDT comme celle de l'Aveyron.
L'essentiel
Chaque constat renvoie au détail chiffré. Sources : dossier « Emplois, masse salariale, fonctionnement » du Secrétariat général (DRH-DAF, septembre 2026) et projets annuels de performances 2027.
Le solde positif repose sur l'aviation civile (+110) et sur 50 chef·fes de projet « Petites villes de demain ». Le programme 217 perd 73 ETP, et 126 sans les postes de réinternalisation numérique.
Le détail →Pas un poste d'inspecteur·ice, de prévisionniste ou de technicien·ne de plus face au dérèglement climatique. Le PAP exige pourtant 21 contrôles par inspecteur·ice des installations classées en 2027, contre 18,5 en 2025.
Le détail →L'action transports perd encore 28 ETP. Le CEREMA perd 60 ETPT, VNF est gelé, six postes d'OPA partent aux Armées. Le PAP programme la dégradation des chaussées et des ponts.
Le détail →Les préfectures et les SGCD gagnent 70 ETP. Les DDT(M), DREAL, DIR et DIRM en perdent 73. Le fonctionnement des DDT n'apparaît même plus dans le budget du ministère : il relève de l'Intérieur.
Le détail →CEREMA −60, IFPEN −55, IGN −25, OFB −24, ADEME −16, agences de l'eau −15, parcs nationaux −10. Météo-France et VNF stagnent, la subvention de Météo-France baisse de 28 M€. Total et détail des ETP selon le dossier du Secrétariat général.
Le détail →L'enveloppe adaptation est portée à 500 M€ en engagements, mais ne passe que de 179 à 197 M€ en paiements. Sur 981 M€ payés en 2027, 874 M€ soldent des engagements passés.
Le détail →Aucune mesure catégorielle. Le budget prévoit 3 M€ de cotisations vieillesse supplémentaires pour les contractuel·les et 8,9 M€ d'allocations chômage pour 1 200 ancien·nes agent·es. Selon le dossier du Secrétariat général, l'action sociale et la formation reculent.
Le détail →Le hors titre 2 du programme 217 gagne 7,5 M€, uniquement par l'investissement (+13,5 M€), pendant que le fonctionnement des services baisse de 6 M€. L'immobilier des services centraux à La Défense mobilise 116,7 M€ de crédits de paiement pour l'opération Arche-Séquoia.
Le détail →Des chiffres 2027 présentés comme ceux du PLF 2026, et 4,1 M€ que le PAP rattache à une « impasse budgétaire » de la décentralisation des routes, sans dire de quoi elle est faite. Le Parlement ne peut pas contrôler ce qu'il ne peut pas comprendre.
Le détail →Ce budget ne prépare ni l'adaptation au changement climatique, ni l'entretien d'un patrimoine d'infrastructures vieillissant, ni le maintien d'un service public de proximité. Il organise leur abandon progressif, poste par poste, en le présentant comme une gestion maîtrisée.
Programme 217
Le programme 217 porte les agent·es des DREAL, des DDT(M), des DIR et des DIRM. Une seule année positive en douze lois de finances : 2024 (+307), dont 150 postes pour la prévention des risques. 2027 prolonge la baisse.
Lois de finances initiales (LFI) de 2016 à 2026, PLF 2027 avec réinternalisation numérique. Source : dossier PLF 2027, SG DRH-DAF, septembre 2026.
| Année | Schéma d'emplois | Cumul depuis 2016 |
|---|
Pour se représenter 4 963 postes
Depuis 2016, les suppressions du programme 217 équivalent à l'effectif complet de l'un de ces ensembles de services. Un carré représente un service entier.
126 agent·es chacune.
Environ 420 agent·es chacune. La métropole compte 12 DREAL et la DRIEAT d'Île-de-France.
670 agent·es chacune. Le réseau routier national en compte 11.
614 postes chacune. Il n'en existe que 4 en métropole : c'est deux fois toutes les DIRM.
Calcul : 4 963 postes divisés par l'effectif du service pris en exemple. Effectifs de référence : DDT de l'Aveyron, 126 agent·es ; DREAL Bourgogne-Franche-Comté, environ 420 agent·es (Choisir le service public) ; DIR Nord, 670 agent·es (plaquette de présentation 2023) ; DIRM Nord Atlantique-Manche Ouest, 614 postes (plaquette de présentation 2017). La taille des services varie d'une région à l'autre.
Les faux progrès
Le dossier du Secrétariat général présente six chiffres flatteurs. Aucun ne résiste à la lecture de ses propres tableaux.
Le numérique en paravent
La CGT réclame depuis longtemps la fin de la dépendance aux prestataires informatiques. Mais les 53 postes de réinternalisation numérique sont ventilés entre toutes les actions du P217.
Ce sont eux qui produisent les seules hausses affichées sur les risques (+7), la connaissance (+7) et le climat (+2). Hors numérique, ces trois actions sont à 0, 0 et −2.
Basculez l'affichage pour comparer la version présentée et la réalité des missions.
Sous chaque action, le cumul 2016-2027 calculé par la fédération à partir du tableau des schémas d'emplois du dossier. Total P217 : −126 hors numérique, −73 avec, −4 963 depuis 2016.
| Action du P217 | 2027 hors numérique | 2027 avec numérique | Cumul 2016-2027 |
|---|---|---|---|
| 7 · Pilotage, support | −30 | −14 | −1 678 |
| 8 · Transports (DIR, DGITM) | −35 | −28 | −1 587 |
| 15 · Urbanisme, territoires, habitat (depuis 2018) | −41 | −36 | −985 |
| 13 · Eau et biodiversité | −6 | −5 | −510 |
| 11 · Affaires maritimes | −12 | −6 | −286 |
| 28 · Connaissance (depuis 2018) | 0 | +7 | −80 |
| 23 · Énergie et climat | −2 | +2 | +64 |
| 16 · Prévention des risques | 0 | +7 | +138 |
| Total P217 | −126 | −73 | −4 963 |
Le total inclut les petites actions non détaillées ici (actions 9, 22, 25 à 27).
Régularisation maritime
Le ministère régularise une situation irrégulière qu'il a lui-même créée.
Source de la ventilation : dossier PLF 2027 du Secrétariat général. Le PAP inscrit une mesure de périmètre de 141 ETPT (135 de catégorie A, 6 de catégorie B).
Programme 112
Le dossier parle d'« internalisation par l'État » sans rien préciser. Le PAP « Cohésion des territoires » donne la réponse : le nombre de chef·fes de projet cofinancé·es dans les collectivités « est diminué à due concurrence ».
Ces postes suivent le modèle « Villages d'avenir » : placés auprès du préfet, rémunération plafonnée à 80 000 € de coût chargé. Ils ne relèvent pas des services techniques des DDT.
Fonctionnement du P217
Le hors titre 2 gagne 7,5 M€ en crédits de paiement, grâce à l'investissement (+13,5 M€), alors que le fonctionnement baisse de 6 M€. L'immobilier des services centraux mobilise 116,7 M€ de crédits de paiement pour les projets Arche et Séquoia, à La Défense. Le fonctionnement courant des DDT, lui, relève du ministère de l'Intérieur.
Fonds vert
Le PAP annonce un fonds vert « porté à 1 milliard d'euros » et une enveloppe adaptation de 500 M€. Ce sont des autorisations d'engagement, c'est-à-dire des promesses.
En crédits de paiement, l'adaptation ne gagne que 18 M€ et le fonds dans son ensemble recule de 89 M€ (1 070 → 981 M€, −8,3 %). Il traîne 2,44 Md€ d'engagements non payés à fin 2026.
Ces dossiers, plus de 9 600 en 2025, sont instruits par les services de l'État, c'est-à-dire par des DDT dont les effectifs baissent.
981 M€ de paiements en 2027
Source : PAP mission « Écologie, développement et mobilité durables ».
Infrastructures
L'action 8 du P217 porte les agent·es des DIR, des services transports des DREAL et de la DGITM. Depuis 2016, c'est la plus forte saignée après les fonctions support.
Moins d'agent·es, ce sont des équipes d'intervention plus réduites, des astreintes plus lourdes et des patrouilles espacées.
Les crédits d'entretien et de régénération ont progressé, de 680 M€ en 2017 à 1 064 M€ en 2025. En 2027, l'entretien courant passe de 300 à 313 M€ et la régénération financée par l'AFITF de 715 à 762 M€ en paiements. Les cibles du PAP montrent que ces moyens ne suffisent pas à enrayer l'usure.
Plus de travaux, moins d'agent·es pour les concevoir, les surveiller et les réceptionner. La maîtrise d'ouvrage publique se réduit à la passation de marchés.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Cible 2027 | Cible 2029 |
|---|---|---|---|---|
| Chaussées nécessitant un entretien | 49,9 % | 50,7 % | ≤ 54 % | ≤ 55 % |
| dont entretien structurel | 18,4 % | 18,4 % | ≤ 22 % | ≤ 22,5 % |
| Ponts sans travaux lourds de réparation | 86,2 % | 86,4 % | ≥ 83 % | ≥ 83 % |
2 470 → 2 410, subvention gelée à 185,6 M€. Il mesure l'état des chaussées et des ponts et appuie les collectivités, au moment où l'État leur transfère des routes.
3 968 ETPT et 249,7 M€ de subvention, alors que le réseau vieillit. La redevance hydraulique passe de 151,2 à 160 M€ : les usager·es paient la différence.
Postes vacants cédés au service des infrastructures de la défense (P212). Le ministère ne les pourvoit pas, il les cède.
Son plafond affiche +42 ETPT (960 → 1 002) grâce à une correction technique de +88 ETPT. Son schéma d'emplois 2027 est de −46 ETP. Aucun opérateur du pôle n'est renforcé de manière significative.
Le dossier du SG n'en dit rien. Le PAP la rattache à « l'impasse budgétaire liée au processus de décentralisation du réseau routier national », sans en préciser le contenu. Les transferts de routes ne sont pas soldés, leur coût échappe au contrôle parlementaire.
Climat, eau, biodiversité, risques
Le gouvernement demande aux territoires de s'adapter à un réchauffement de +4 °C en France d'ici 2100 (trajectoire de référence du PNACC-3). Aucun poste de mission n'est créé sur les risques, l'eau, la biodiversité ou le climat en 2027.
L'action 16 du P217 avait reçu 150 ETP en 2024, notamment pour l'inspection des installations classées. Depuis, hors numérique, elle est à zéro. Inondations, feux de forêt, recul du trait de côte et retrait-gonflement des argiles progressent. Les effectifs ne bougent plus.
+13,5 % entre 2025 et 2027, sans aucun renfort annoncé. C'est une intensification du travail, ou des contrôles plus courts.
2027 et 2028 sont présentées comme des « années charnières ». Les prévisionnistes des services de prévision des crues sont en DREAL, sur une action dont les effectifs n'augmentent pas.
L'action 10 passe de 65,2 à 44,1 M€ d'autorisations d'engagement. Les paiements progressent, eux, de 37,8 à 44,1 M€ : on paie les engagements passés, on n'en prend plus de nouveaux.
Plus de 4 millions de maisons en zone d'exposition forte. Ce phénomène représente 70 % du coût du régime des catastrophes naturelles, environ 1,1 Md€ par an.
Eau et biodiversité
Le gouvernement maintient des objectifs qu'il n'atteint pas et retire les agent·es qui pourraient les atteindre.
Les résultats en témoignent déjà
Le trait noir marque la cible fixée par le PAP.
Opérateurs
Selon le dossier du Secrétariat général, les opérateurs perdent au total 238 ETP en schéma d'emplois et 170 ETPT en plafond. Le seul périmètre transition écologique en perd 156.
Météo-France est gelé à 2 632 ETPT et sa subvention baisse de 28 M€ (266,5 → 238,5 M€, −11 %). Le PAP invoque un « effet de tendanciel » dans le financement du nouveau supercalculateur (406 M€), dont la mise en service est reportée d'un an.
L'IGN perd 25 ETPT : ses données de relief, d'occupation des sols et de forêts sont des outils de base de la planification écologique. L'ADEME perd 16 ETPT alors qu'elle instruit les aides à la décarbonation. L'IFPEN perd 55 ETPT (−3,3 %).
Le ministère externalise ses missions vers les opérateurs depuis vingt ans. Il réduit maintenant les opérateurs eux-mêmes.
Ce graphique montre les plafonds d'emplois, en ETPT : les emplois autorisés en moyenne sur l'année, en baisse de 170. Le chiffre de 238 cité ailleurs est le schéma d'emplois, en ETP : les postes supprimés d'ici la fin de 2027. L'écart vient surtout du calendrier : un poste supprimé en cours d'année ne pèse qu'en partie sur la moyenne de 2027, et pèsera en entier en 2028.
| Opérateur | PAE 2026 | PAE 2027 | Variation |
|---|---|---|---|
| CEREMA | 2 470 | 2 410 | −60 |
| IFPEN | 1 666 | 1 611 | −55 |
| IGN | 1 388 | 1 363 | −25 |
| OFB | 2 736 | 2 712 | −24 |
| ADEME | 1 070 | 1 054 | −16 |
| Agences de l'eau | 1 539 | 1 524 | −15 |
| Parcs nationaux | 851 | 841 | −10 |
| ANGDM | 110 | 102 | −8 |
| ANCT | 338 | 333 | −5 |
| CNPF, INERIS | 374 et 489 | 372 et 487 | −2 chacun |
| Météo-France | 2 632 | 2 632 | 0 |
| VNF | 3 968 | 3 968 | 0 |
| ONF, ANDRA, ENIM, ENPC, ENTPE, ANAH, ANCOLS, CGLLS, CELRL | · | · | 0 |
| Marais poitevin, EPSF, ENSM | · | · | +1 à +2 |
| ENAC | 782 | 787 | +5 |
| Société des grands projetsdont +88 ETPT de correction technique | 960 | 1 002 | +42 |
| Total opérateurs | 31 330 | 31 159 | −170 |
IFPEN, ENAC et total : source dossier PLF 2027 du Secrétariat général (ces opérateurs relèvent de projets annuels de performances hors de notre corpus). Les autres chiffres sont confirmés par les projets annuels de performances.
Administration territoriale de l'État
Le PAP de la mission « Administration générale et territoriale de l'État » célèbre la « dynamique de réarmement de l'État territorial » et la « sanctuarisation de l'échelon départemental ».
Préfectures et secrétariats généraux communs départementaux (SGCD)
DDT(M), DREAL, DIR, DIRM. Et −126 hors numérique.
L'État territorial qu'on « réarme » est celui des préfets et des fonctions support mutualisées. L'État territorial qui instruit, contrôle, entretient et prévient perd 73 ETP.
−41 hors numérique. Environ −985 depuis 2018 et, avec l'ancien programme 337, près de 1 400 en douze ans. Au moment où montent la rénovation énergétique, la lutte contre l'habitat indigne, le zéro artificialisation nette et la prise en compte des risques dans l'urbanisme.
Le PAP justifie ce recours « dans un contexte de baisse des effectifs ». 146 558 recours en 2025, +34 % depuis 2019. On supprime les agent·es, on constate qu'il n'y a plus personne pour instruire, puis on paie des entreprises.
−30 hors numérique, environ −1 678 depuis 2016 : ressources humaines, paie, comptabilité, logistique. Chaque suppression reporte la charge sur les agent·es restant·es et sur les services métiers.
Le fonctionnement courant des DDT relève du ministère de l'Intérieur. Un poste de gestionnaire de flotte part encore vers le SGCD de Seine-Maritime. Les crédits du P354 pour les DDI ne couvrent pas les missions techniques.
−12 hors numérique, environ −286 depuis 2016. La régularisation des lycées maritimes et des gendarmes maritimes ne change rien aux effectifs des services de contrôle et de surveillance.
La base d'exécution 2026 est inférieure de 12 M€ à la loi de finances. Le budget 2027 se construit dessus : les vacances de 2026 deviennent la nouvelle norme.
Salaires, précarité, action sociale, formation
Aucune mesure catégorielle en 2027, « conformément aux arbitrages du Premier ministre », selon le dossier du Secrétariat général. Aucune revalorisation du point d'indice, conformément au gel annoncé par Sébastien Lecornu dans Le Figaro le 17 septembre 2026 (LégiFiscal).
Les seules hausses de la masse salariale sont subies ou mécaniques. Elles sont absorbées par les suppressions de postes et par la sous-exécution de 2026. Le déroulement normal des carrières est financé par les postes supprimés et non pourvus.
La précarité est budgétée : 3 M€ de cotisations vieillesse supplémentaires pour les contractuel·les, et 8,9 M€ d'allocations chômage pour 1 200 ancien·nes agent·es.
Source : dossier PLF 2027 du Secrétariat général.
Le dossier affiche une hausse globale (19,7 → 20,6 M€). L'action sociale au sens strict baisse de 16,5 à 16,0 M€.
La restauration baisse alors que le dossier lui assigne deux charges nouvelles : l'harmonisation des subventions repas des agent·es des DIR et DIRM, et la hausse du coût des repas. Promettre plus avec moins, c'est préparer une hausse du reste à charge. Les subventions aux associations sont gelées en euros courants, donc en baisse réelle.
La hausse de la prévention finance surtout des dépenses obligatoires et des services de santé au travail extérieurs « en l'absence de médecins du travail ». La médecine de prévention est externalisée faute de recrutement.
| Poste | LFI 2026 | PLF 2027 | Écart |
|---|---|---|---|
| Restauration collective | 7,7 M€ | 7,3 M€ | −0,4 M€ |
| Prestations et initiatives locales | 3,3 M€ | 3,2 M€ | −0,1 M€ |
| Partenaires associatifs (CAS, CGCV, FNACE, FNASCE) | 5,2 M€ | 5,2 M€ | 0 |
| Travailleur·ses handicapé·es | 0,3 M€ | 0,3 M€ | 0 |
| Total action sociale | 16,5 M€ | 16,0 M€ | −0,5 M€ |
| Prévention des risques professionnels | 3,2 M€ | 4,6 M€ | +1,4 M€ |
Source : dossier PLF 2027 du Secrétariat général. Le projet annuel de performances ne donne que l'année 2027 (20,56 M€, dont 7,26 M€ de restauration).
Selon le dossier du Secrétariat général, les crédits de recrutement et de formation professionnelle tombent à 7,7 M€, contre 8,5 M€ au PLF 2026. L'exécution 2026 n'atteint que 5,8 M€ après mise en réserve. Les écoles (ENTPE, ENPC) sont stables en euros courants, donc en baisse en volume. La formation à la transition écologique est noyée dans les 5,9 M€ du CMVRH.
Ce que revendique la FNEE-CGT
Contre-budget CGT · nos services et toute la fonction publique
Le gouvernement supprime nos postes et gèle le point d'indice au nom du déficit. Dans le même budget, il réduit la surtaxe des très grandes entreprises et sanctuarise le crédit d'impôt recherche et le pacte Dutreil. Nous avons chiffré l'inverse, en deux étages : les revendications de la FNEE pour nos services, et +10 % sur le point d'indice dès 2027, comme le portent l'UFSE et la CGT Fonction publique.
Les 370 postes perdus en 2027 (126 au programme 217 hors numérique, 238 chez les opérateurs selon le dossier du Secrétariat général, et 6 postes vacants d'OPA cédés aux Armées) coûtent environ 31 M€ par an. C'est 0,03 % des 91,8 Md€ de niches fiscales relevées par la Cour des comptes pour 2025.
Le PLF ramène la surtaxe des entreprises de plus de 1,5 Md€ de chiffre d'affaires de 7,5 à 5 Md€. Ces 2,5 Md€ équivalent au coût de 29 000 agent·es de nos ministères, presque tout le programme 217 (34 249 ETPT).
Selon la Cour des comptes, 1 % des bénéficiaires captent 65 % de cette niche de 5,5 Md€ (2024). Une seule de ces transmissions vaut presque le coût annuel des 370 postes perdus en 2027 (126 au P217, 238 chez les opérateurs, 6 OPA cédés).
Le CIR est la plus coûteuse des niches fiscales et le gouvernement n'y touche pas. Dans le même budget, le CEREMA et l'IFPEN, nos organismes publics d'ingénierie et de recherche, perdent 115 postes.
Étage 1 · nos services
Les revendications de la FNEE : moratoire sur les 370 postes perdus en 2027 (126 au P217, 238 chez les opérateurs, 6 OPA cédés), 1 500 recrutements en trois ans, l'adaptation du fonds vert enfin payée, Météo-France, la prévention des risques, l'action sociale et la formation.
Financé près de 14 fois par les seules recettes du socle (7,2 Md€).
Étage 2 · le point d'indice
Ce que portent l'UFSE et la CGT Fonction publique : +10 % sur le point d'indice dès 2027 pour les trois versants, puis l'indexation sur les prix. Environ 15 Md€ en coût net.
Financé avec les hypothèses prudentes (28,9 Md€), et même sans l'impôt plancher (23,9 Md€).
| Mesure | Par an |
|---|---|
| Étage 1 · nos services | |
| Moratoire sur les 370 postes perdus en 2027 (126 au P217, 238 chez les opérateurs, 6 OPA cédés) | 31,5 M€ |
| Plan de 1 500 recrutements de titulaires sur trois ans, 500 par an | 42,5 M€ la 1re année 127,5 M€ ensuite |
| Payer les 500 M€ d'adaptation promis par le fonds vert, au lieu de 197 M€ | 303 M€ |
| Rétablir la subvention de Météo-France | 28 M€ |
| Rétablir la prévention des risques naturels et celle du retrait-gonflement des argiles | 31,1 M€ |
| Rétablir l'action sociale et la formation au niveau de 2026 | 1,3 M€ |
| Titulariser les contractuel·les sur besoins permanents ; rapatrier le fonctionnement des DDT et DREAL au ministère | neutre* |
| Total étage 1, en rythme de croisière | 522 M€ |
| Étage 2 · le point d'indice | |
| Point d'indice +10 %, trois versants | 22 Md€ |
| Total, coût brutEnviron 15 Md€ en coût net | 22,5 Md€ |
* Le surcoût apparent de la titularisation est une cotisation retraite que l'État se verse à lui-même ; il économise l'allocation chômage des contrats non renouvelés (8,9 M€ budgétés en 2027 pour 1 200 bénéficiaires). Le rapatriement du fonctionnement est un transfert entre ministères.
| Recette | Par an |
|---|---|
| Socle FNEESurtaxe des grandes entreprises maintenue au taux de 2026 (2,5), CIR recentré de 20 % (1,6), aérien taxé (1,6), pacte Dutreil plafonné (1,5) | 7,2 Md€ |
| Aller plus loin sur le CIR et le pacte DutreilCIR recentré de 40 % au total, 3 Md€ récupérés sur les 5,5 Md€ du pacte Dutreil | 3,1 Md€ |
| Réduire les exonérations de cotisations au-dessus de 1,6 SMIC12,1 Md€ selon le rapport Bozio-Wasmer ; une partie est déjà reprise par les réformes 2025-2027 | 4 Md€ |
| Conditionner les subventions et autres aides aux entreprises (−10 %)55,6 Md€ hors fiscalité et hors cotisations, selon le Sénat (2023) | 5,6 Md€ |
| Récupérer 5 % de la fraude fiscalePlus de 80 Md€ par an ; suppose de recruter des contrôleur·ses aux Finances publiques | 4 Md€ |
| Impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 M€Fourchette de 5 à 25 Md€ selon les hypothèses d'évasion ; 20 Md€ selon son auteur | 5 Md€ |
| Total, hypothèses prudentes | 28,9 Md€ |
Chaque recette porte sur une base distincte, pour ne rien compter deux fois. Avec les hypothèses hautes de chaque fourchette, le total approcherait 68 Md€. Non comptés : le reste des 8,1 Md€ de niches défavorables à l'environnement relevées par le budget vert de l'État, au-delà de l'aérien.
Le plan de recrutement de nos ministères
Reconstruire en trois ans 1 500 des 4 963 postes supprimés au P217 depuis 2016, sur les missions d'adaptation et d'entretien. Coût en rythme de croisière : 127,5 M€ par an, 1,6 % du crédit d'impôt recherche.
La répartition est indicative. Elle se construit avec les sections, service par service.
Avec +10 % sur le point d'indice. +246 € à l'indice majoré 500. Le point est gelé à 4,92278 € par mois depuis juillet 2023.
300 postes d'exploitation et d'OPA répartis entre les 11 DIR : des équipes d'intervention complètes et des astreintes moins lourdes.
Pour instruire le fonds vert, accompagner les communes sur les risques et l'urbanisme, et cesser de payer des prestataires pour faire notre travail.
Les contractuel·les sur besoins permanents sont titularisé·es. L'État cesse de payer leur précarité puis leur chômage.
« Il faut réduire le déficit. »
Notre contre-budget est financé même en coût brut : 28,9 Md€ de recettes prudentes pour 22,5 Md€. En coût net, la marge approche 14 Md€. Et l'inaction coûte : le retrait-gonflement des argiles pèse déjà environ 1,1 Md€ par an sur le régime des catastrophes naturelles.
« Taxer les entreprises fera fuir l'investissement. »
La surtaxe ne vise que les entreprises de plus de 1,5 Md€ de chiffre d'affaires, et le gouvernement la reconduit lui-même. La Cour des comptes ne trouve pas d'effet du pacte Dutreil sur l'investissement ou l'emploi. Le CIR aide une partie de la recherche des PME : nous proposons de le recentrer et de plafonner les grands groupes, pas de le supprimer.
« Supprimer les exonérations détruira des emplois. »
Le rapport Bozio-Wasmer, commandé par le gouvernement, estime qu'une suppression totale au-dessus de 1,6 SMIC pourrait coûter environ 61 000 emplois. C'est pourquoi l'hypothèse prudente n'en reprend qu'un tiers. Et même sans cette recette, le contre-budget reste équilibré.
« On ne peut pas taxer le kérosène. »
Les conventions internationales protègent surtout les vols internationaux. Les vols intérieurs, la TVA des billets et l'aviation d'affaires relèvent de choix nationaux : c'est ce que vise notre estimation.
« Le point d'indice coûte trop cher. »
Environ 2,2 Md€ par point de hausse pour les trois versants, dont un tiers revient en cotisations et en impôts. Mais la valeur du point a perdu 28,6 % de pouvoir d'achat depuis 2000 selon la CGT, et plus de 15 % depuis 2017 selon la CGT Fonction publique. Les +10 % n'en rattrapent qu'une partie. Le gel n'est pas une économie : c'est une baisse de salaire.
« Vos chiffres sont gonflés. »
Les recettes prudentes retiennent le bas des fourchettes : 5 % de la fraude, 5 Md€ pour l'impôt plancher quand son auteur en attend 20, un tiers de ce que rapporterait la fin des exonérations au-dessus de 1,6 SMIC. Toutes nos hypothèses sont affichées : chacun peut refaire le calcul.
Méthode
Le dossier du Secrétariat général compte 15 pages. Il ne couvre que les emplois, la masse salariale et le fonctionnement. Cette note le croise avec les projets annuels de performances 2027, transmis au Parlement.
Le parlementaire qui recevra ces documents pour voter le budget ne pourra ni vérifier ces chiffres ni comprendre ce qu'ils financent.
Sources
Les cumuls 2016-2027 par action sont calculés par la fédération à partir du tableau des schémas d'emplois du dossier, colonne « avec réinternalisation numérique » pour 2027. Décryptage FNEE-CGT du 2 octobre 2026.
Les chiffres attribués aux projets annuels de performances ont été contrôlés page par page le 5 octobre 2026. Les chiffres issus du seul dossier du Secrétariat général sont signalés comme tels.
Faites circuler
Transmettez ce décryptage à votre équipe, à votre service, aux collègues des établissements publics. Plus il circule, plus il pèse pendant l'examen du budget au Parlement.