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Projet de loi de finances (PLF) pour 2027 · Décryptage fédéral du 2 octobre 2026

Ils affichent +87 postes. Nos services en perdent 126.

Le PLF 2027 poursuit la réduction des moyens humains des ministères de la Transition écologique, de l'Aménagement du territoire, des Transports, de la Ville et du Logement. Un habillage comptable la fait passer pour une stabilisation. Nous avons ouvert les tableaux.

Schéma d'emplois 2027, en ETPComment on fabrique un +87

Sans l'aviation civile, les chef·fes de projet du P112 et le numérique, les missions du programme 217 (DREAL, DDT(M), DIR, DIRM) perdent 126 postes. Source : dossier PLF 2027 du Secrétariat général.

−4 963ETP supprimés au programme 217 depuis 2016
−238ETP chez les opérateurs en 2027, selon le dossier du Secrétariat général
0mesure catégorielle pour les agent·es en 2027

Qui est concerné

Ce budget, c'est le vôtre si vous travaillez

  • en DDT(M)
  • en DREAL
  • en DIR
  • en DIRM
  • en administration centrale
  • au CEREMA
  • à l'OFB
  • à l'IGN
  • à Météo-France
  • à VNF
  • dans une agence de l'eau
  • dans un parc national
Plus de
65 000
agent·es, en équivalents temps plein
  • 34 249 au programme 217 (PAP « Écologie »)
  • 31 159 chez les opérateurs (dossier du Secrétariat général)

Concrètement

126 postes supprimés, c'est la DDT de l'Aveyron qui disparaît

En un seul budget, le ministère raye 126 postes de ses missions. C'est l'équivalent de tous les agent·es d'une direction départementale comme la DDT 12.

Imaginez l'Aveyron sans DDT : plus personne pour instruire les aides agricoles, contrôler les cours d'eau, prévenir les inondations et les feux, accompagner les communes sur l'urbanisme et l'habitat.

Ces suppressions se répartissent entre les DREAL, les DDT(M), les DIR et les DIRM. Mais elles s'additionnent année après année : 4 963 postes depuis 2016, l'équivalent de près de 40 DDT comme celle de l'Aveyron.

126postes supprimés en 2027 au programme 217, hors numérique. Un carré, un poste.
−126 postes au P217 hors numérique126 postes : la DDT de l'Aveyron rayée de la carte−4 963 ETP depuis 2016−238 ETP chez les opérateurs0 mesure catégoriellePoint d'indice gelé+70 ETP pour les préfectures−9 % sur la formation21 contrôles par inspecteur·ice107 M€ pour les projets nouveaux du fonds vert2,5 Md€ de rabais aux grandes entreprises+10 % sur le point : finançable

L'essentiel

Le budget en neuf constats

Chaque constat renvoie au détail chiffré. Sources : dossier « Emplois, masse salariale, fonctionnement » du Secrétariat général (DRH-DAF, septembre 2026) et projets annuels de performances 2027.

−126
ETP au P217, hors numérique

Un +87 qui cache une suppression nette

Le solde positif repose sur l'aviation civile (+110) et sur 50 chef·fes de projet « Petites villes de demain ». Le programme 217 perd 73 ETP, et 126 sans les postes de réinternalisation numérique.

Le détail →
0
poste hors numérique sur les risques, le climat et la connaissance

Des informaticien·nes, pas d'inspecteur·ices

Pas un poste d'inspecteur·ice, de prévisionniste ou de technicien·ne de plus face au dérèglement climatique. Le PAP exige pourtant 21 contrôles par inspecteur·ice des installations classées en 2027, contre 18,5 en 2025.

Le détail →
−1 587
ETP sur les transports depuis 2016

Les infrastructures désarmées

L'action transports perd encore 28 ETP. Le CEREMA perd 60 ETPT, VNF est gelé, six postes d'OPA partent aux Armées. Le PAP programme la dégradation des chaussées et des ponts.

Le détail →
+70 / −73
Intérieur contre Écologie

L'État territorial qui instruit s'efface

Les préfectures et les SGCD gagnent 70 ETP. Les DDT(M), DREAL, DIR et DIRM en perdent 73. Le fonctionnement des DDT n'apparaît même plus dans le budget du ministère : il relève de l'Intérieur.

Le détail →
−238
ETP chez les opérateurs

Les opérateurs de l'adaptation frappés

CEREMA −60, IFPEN −55, IGN −25, OFB −24, ADEME −16, agences de l'eau −15, parcs nationaux −10. Météo-France et VNF stagnent, la subvention de Météo-France baisse de 28 M€. Total et détail des ETP selon le dossier du Secrétariat général.

Le détail →
107 M€
pour les projets nouveaux du fonds vert

Le fonds vert promet sans payer

L'enveloppe adaptation est portée à 500 M€ en engagements, mais ne passe que de 179 à 197 M€ en paiements. Sur 981 M€ payés en 2027, 874 M€ soldent des engagements passés.

Le détail →
−4,6 M€
de masse salariale, point d'indice gelé

Les agent·es paient deux fois

Aucune mesure catégorielle. Le budget prévoit 3 M€ de cotisations vieillesse supplémentaires pour les contractuel·les et 8,9 M€ d'allocations chômage pour 1 200 ancien·nes agent·es. Selon le dossier du Secrétariat général, l'action sociale et la formation reculent.

Le détail →
116,7 M€
pour l'immobilier central

L'argent va aux tours de La Défense

Le hors titre 2 du programme 217 gagne 7,5 M€, uniquement par l'investissement (+13,5 M€), pendant que le fonctionnement des services baisse de 6 M€. L'immobilier des services centraux à La Défense mobilise 116,7 M€ de crédits de paiement pour l'opération Arche-Séquoia.

Le détail →
4,1 M€
sans aucun détail

Un dossier bâclé et opaque

Des chiffres 2027 présentés comme ceux du PLF 2026, et 4,1 M€ que le PAP rattache à une « impasse budgétaire » de la décentralisation des routes, sans dire de quoi elle est faite. Le Parlement ne peut pas contrôler ce qu'il ne peut pas comprendre.

Le détail →
Ce budget ne prépare ni l'adaptation au changement climatique, ni l'entretien d'un patrimoine d'infrastructures vieillissant, ni le maintien d'un service public de proximité. Il organise leur abandon progressif, poste par poste, en le présentant comme une gestion maîtrisée.

Programme 217

Près de 5 000 postes supprimés depuis 2016

−4 963
ETP en douze lois de finances

Le programme 217 porte les agent·es des DREAL, des DDT(M), des DIR et des DIRM. Une seule année positive en douze lois de finances : 2024 (+307), dont 150 postes pour la prévention des risques. 2027 prolonge la baisse.

Schéma d'emplois du P217 par loi de finances, en ETP
SuppressionsPLF 2027Créations

Lois de finances initiales (LFI) de 2016 à 2026, PLF 2027 avec réinternalisation numérique. Source : dossier PLF 2027, SG DRH-DAF, septembre 2026.

Voir les données
AnnéeSchéma d'emploisCumul depuis 2016

Pour se représenter 4 963 postes

C'est comme si on avait rayé de la carte des services entiers

Depuis 2016, les suppressions du programme 217 équivalent à l'effectif complet de l'un de ces ensembles de services. Un carré représente un service entier.

près de40

DDT comme celle de l'Aveyron

126 agent·es chacune.

près de12

DREAL comme celle de Bourgogne-Franche-Comté

Environ 420 agent·es chacune. La métropole compte 12 DREAL et la DRIEAT d'Île-de-France.

plus de7

DIR comme la DIR Nord

670 agent·es chacune. Le réseau routier national en compte 11.

soit8

DIRM comme la DIRM Nord Atlantique-Manche Ouest

614 postes chacune. Il n'en existe que 4 en métropole : c'est deux fois toutes les DIRM.

Calcul : 4 963 postes divisés par l'effectif du service pris en exemple. Effectifs de référence : DDT de l'Aveyron, 126 agent·es ; DREAL Bourgogne-Franche-Comté, environ 420 agent·es (Choisir le service public) ; DIR Nord, 670 agent·es (plaquette de présentation 2023) ; DIRM Nord Atlantique-Manche Ouest, 614 postes (plaquette de présentation 2017). La taille des services varie d'une région à l'autre.

Les faux progrès

Six chiffres flatteurs, six démentis

Le dossier du Secrétariat général présente six chiffres flatteurs. Aucun ne résiste à la lecture de ses propres tableaux.

Affiché+87 ETP sur le périmètre des ministères
Dans les tableaux+110 à l'aviation civile (budget annexe) et +50 chef·fes de projet au P112. Le P217 perd 73 ETP.
AffichéPlafond d'emplois du P217 en hausse de 55 ETPT
Dans les tableaux+141 ETPT de mesure de périmètre pour des agent·es déjà en poste (lycées maritimes, gendarmes maritimes). Sans elle : −86 ETPT.
Affiché+53 ETP de réinternalisation numérique
Dans les tableauxCe sont les seules créations. Elles masquent une suppression de 126 ETP sur les missions.
AffichéRatio d'action sociale par agent·e « amélioré »
Dans les tableauxL'action sociale recule (16,5 → 16,0 M€). Seule la prévention monte, pour des dépenses obligatoires et des prestataires.
AffichéMasse salariale stable (−0,17 % hors CAS)
Dans les tableauxNi point d'indice, ni mesure catégorielle. La stabilité absorbe le GVT et la hausse des cotisations.
AffichéHors titre 2 du P217 en hausse (+7,5 M€ en CP)
Dans les tableauxLa hausse vient de l'investissement (+13,5 M€). Le fonctionnement des services baisse de 6 M€.

Le numérique en paravent

Une revendication juste, détournée

La CGT réclame depuis longtemps la fin de la dépendance aux prestataires informatiques. Mais les 53 postes de réinternalisation numérique sont ventilés entre toutes les actions du P217.

Ce sont eux qui produisent les seules hausses affichées sur les risques (+7), la connaissance (+7) et le climat (+2). Hors numérique, ces trois actions sont à 0, 0 et −2.

Basculez l'affichage pour comparer la version présentée et la réalité des missions.

Schéma d'emplois 2027 par action du P217, en ETP

Sous chaque action, le cumul 2016-2027 calculé par la fédération à partir du tableau des schémas d'emplois du dossier. Total P217 : −126 hors numérique, −73 avec, −4 963 depuis 2016.

Voir les données
Action du P2172027 hors numérique2027 avec numériqueCumul 2016-2027
7 · Pilotage, support−30−14−1 678
8 · Transports (DIR, DGITM)−35−28−1 587
15 · Urbanisme, territoires, habitat (depuis 2018)−41−36−985
13 · Eau et biodiversité−6−5−510
11 · Affaires maritimes−12−6−286
28 · Connaissance (depuis 2018)0+7−80
23 · Énergie et climat−2+2+64
16 · Prévention des risques0+7+138
Total P217−126−73−4 963

Le total inclut les petites actions non détaillées ici (actions 9, 22, 25 à 27).

Régularisation maritime

141 ETPT de plus, aucun agent·e de plus

141 = 93 + 42 + 6
93agent·es de lycées professionnels maritimes, payé·es jusqu'ici sur le P205 42ETPT déjà payés sur le P217 sans autorisation d'emplois 6gendarmes maritimes

Le ministère régularise une situation irrégulière qu'il a lui-même créée.

Source de la ventilation : dossier PLF 2027 du Secrétariat général. Le PAP inscrit une mesure de périmètre de 141 ETPT (135 de catégorie A, 6 de catégorie B).

Programme 112

50 chef·fes de projet : un transfert, pas un renfort

Le dossier parle d'« internalisation par l'État » sans rien préciser. Le PAP « Cohésion des territoires » donne la réponse : le nombre de chef·fes de projet cofinancé·es dans les collectivités « est diminué à due concurrence ».

Ces postes suivent le modèle « Villages d'avenir » : placés auprès du préfet, rémunération plafonnée à 80 000 € de coût chargé. Ils ne relèvent pas des services techniques des DDT.

Fonctionnement du P217

116,7 M€ pour l'immobilier central

Le hors titre 2 gagne 7,5 M€ en crédits de paiement, grâce à l'investissement (+13,5 M€), alors que le fonctionnement baisse de 6 M€. L'immobilier des services centraux mobilise 116,7 M€ de crédits de paiement pour les projets Arche et Séquoia, à La Défense. Le fonctionnement courant des DDT, lui, relève du ministère de l'Intérieur.

Fonds vert

L'adaptation affichée, puis reportée

Le PAP annonce un fonds vert « porté à 1 milliard d'euros » et une enveloppe adaptation de 500 M€. Ce sont des autorisations d'engagement, c'est-à-dire des promesses.

En crédits de paiement, l'adaptation ne gagne que 18 M€ et le fonds dans son ensemble recule de 89 M€ (1 070 → 981 M€, −8,3 %). Il traîne 2,44 Md€ d'engagements non payés à fin 2026.

Ces dossiers, plus de 9 600 en 2025, sont instruits par les services de l'État, c'est-à-dire par des DDT dont les effectifs baissent.

Enveloppe adaptation du fonds vert, 2026 → 2027, en M€
20262027

981 M€ de paiements en 2027

874 M€pour solder des engagements passés
107 M€pour des projets nouveaux

Source : PAP mission « Écologie, développement et mobilité durables ».

Infrastructures

L'entretien sacrifié

L'action 8 du P217 porte les agent·es des DIR, des services transports des DREAL et de la DGITM. Depuis 2016, c'est la plus forte saignée après les fonctions support.

−28ETP sur l'action transports en 2027, et −35 hors numérique
−1 587ETP sur cette action depuis 2016
94accidents d'agent·es des DIR en zone d'intervention à fin août 2026 (comité de suivi du PPMR du 22 septembre)

L'État programme la dégradation de son propre réseau

Moins d'agent·es, ce sont des équipes d'intervention plus réduites, des astreintes plus lourdes et des patrouilles espacées.

Les crédits d'entretien et de régénération ont progressé, de 680 M€ en 2017 à 1 064 M€ en 2025. En 2027, l'entretien courant passe de 300 à 313 M€ et la régénération financée par l'AFITF de 715 à 762 M€ en paiements. Les cibles du PAP montrent que ces moyens ne suffisent pas à enrayer l'usure.

Plus de travaux, moins d'agent·es pour les concevoir, les surveiller et les réceptionner. La maîtrise d'ouvrage publique se réduit à la passation de marchés.

Réseau routier national non concédé (11 000 km), indicateur 2.2 du PAP
Réalisé 2025Cible 2027
Voir les données
Indicateur20242025Cible 2027Cible 2029
Chaussées nécessitant un entretien49,9 %50,7 %≤ 54 %≤ 55 %
dont entretien structurel18,4 %18,4 %≤ 22 %≤ 22,5 %
Ponts sans travaux lourds de réparation86,2 %86,4 %≥ 83 %≥ 83 %

CEREMA

−60 ETPT

2 470 → 2 410, subvention gelée à 185,6 M€. Il mesure l'état des chaussées et des ponts et appuie les collectivités, au moment où l'État leur transfère des routes.

VNF

Gelé

3 968 ETPT et 249,7 M€ de subvention, alors que le réseau vieillit. La redevance hydraulique passe de 151,2 à 160 M€ : les usager·es paient la différence.

Ouvrier·es des parcs et ateliers

6 postes

Postes vacants cédés au service des infrastructures de la défense (P212). Le ministère ne les pourvoit pas, il les cède.

Société des grands projets

−46 ETP

Son plafond affiche +42 ETPT (960 → 1 002) grâce à une correction technique de +88 ETPT. Son schéma d'emplois 2027 est de −46 ETP. Aucun opérateur du pôle n'est renforcé de manière significative.

Loi 3DS

4,1 M€

Le dossier du SG n'en dit rien. Le PAP la rattache à « l'impasse budgétaire liée au processus de décentralisation du réseau routier national », sans en préciser le contenu. Les transferts de routes ne sont pas soldés, leur coût échappe au contrôle parlementaire.

Climat, eau, biodiversité, risques

L'adaptation sans les agent·es

Le gouvernement demande aux territoires de s'adapter à un réchauffement de +4 °C en France d'ici 2100 (trajectoire de référence du PNACC-3). Aucun poste de mission n'est créé sur les risques, l'eau, la biodiversité ou le climat en 2027.

Prévention des risques : l'effort est stoppé

L'action 16 du P217 avait reçu 150 ETP en 2024, notamment pour l'inspection des installations classées. Depuis, hors numérique, elle est à zéro. Inondations, feux de forêt, recul du trait de côte et retrait-gonflement des argiles progressent. Les effectifs ne bougent plus.

+1502024
02025
02026
02027
18,5 → 21

contrôles par inspecteur·ice des installations classées

+13,5 % entre 2025 et 2027, sans aucun renfort annoncé. C'est une intensification du travail, ou des contrôles plus courts.

8,5 → 18 M

d'habitant·es couvert·es par Vigicrues 2030

2027 et 2028 sont présentées comme des « années charnières ». Les prévisionnistes des services de prévision des crues sont en DREAL, sur une action dont les effectifs n'augmentent pas.

−32 %

d'engagements pour la prévention des risques naturels

L'action 10 passe de 65,2 à 44,1 M€ d'autorisations d'engagement. Les paiements progressent, eux, de 37,8 à 44,1 M€ : on paie les engagements passés, on n'en prend plus de nouveaux.

15 → 5 M€

pour prévenir le retrait-gonflement des argiles

Plus de 4 millions de maisons en zone d'exposition forte. Ce phénomène représente 70 % du coût du régime des catastrophes naturelles, environ 1,1 Md€ par an.

Eau et biodiversité

La baisse continue, partout

  • Action 13 du P217 (DREAL, DDT) : −5 ETP en 2027, environ −510 depuis 2016
  • OFB : −24 ETPT (2 736 → 2 712), alors que la police de l'eau et de l'environnement est déjà sous-dimensionnée
  • Agences de l'eau : −15 ETPT (1 539 → 1 524), quand les conflits d'usage se multiplient
  • Parcs nationaux : −10 ETPT (851 → 841)

Le gouvernement maintient des objectifs qu'il n'atteint pas et retire les agent·es qui pourraient les atteindre.

Les résultats en témoignent déjà

Contrôles non conformes en police de l'eau et de la nature suivis d'un retour à la conformité, 2025

Réalisé : 39,7 %Cible maintenue jusqu'en 2029 : 63 %

Cours d'eau en bon état pour les invertébrés

2025 : 71,8 % (74,9 % en 2024)Cible : 79,5 %

Le trait noir marque la cible fixée par le PAP.

Opérateurs

On externalise, puis on réduit les opérateurs

Selon le dossier du Secrétariat général, les opérateurs perdent au total 238 ETP en schéma d'emplois et 170 ETPT en plafond. Le seul périmètre transition écologique en perd 156.

Météo-France est gelé à 2 632 ETPT et sa subvention baisse de 28 M€ (266,5 → 238,5 M€, −11 %). Le PAP invoque un « effet de tendanciel » dans le financement du nouveau supercalculateur (406 M€), dont la mise en service est reportée d'un an.

L'IGN perd 25 ETPT : ses données de relief, d'occupation des sols et de forêts sont des outils de base de la planification écologique. L'ADEME perd 16 ETPT alors qu'elle instruit les aides à la décarbonation. L'IFPEN perd 55 ETPT (−3,3 %).

Le ministère externalise ses missions vers les opérateurs depuis vingt ans. Il réduit maintenant les opérateurs eux-mêmes.

Plafonds d'emplois des opérateurs, variation 2026 → 2027, en ETPT

Ce graphique montre les plafonds d'emplois, en ETPT : les emplois autorisés en moyenne sur l'année, en baisse de 170. Le chiffre de 238 cité ailleurs est le schéma d'emplois, en ETP : les postes supprimés d'ici la fin de 2027. L'écart vient surtout du calendrier : un poste supprimé en cours d'année ne pèse qu'en partie sur la moyenne de 2027, et pèsera en entier en 2028.

Voir les données
OpérateurPAE 2026PAE 2027Variation
CEREMA2 4702 410−60
IFPEN1 6661 611−55
IGN1 3881 363−25
OFB2 7362 712−24
ADEME1 0701 054−16
Agences de l'eau1 5391 524−15
Parcs nationaux851841−10
ANGDM110102−8
ANCT338333−5
CNPF, INERIS374 et 489372 et 487−2 chacun
Météo-France2 6322 6320
VNF3 9683 9680
ONF, ANDRA, ENIM, ENPC, ENTPE, ANAH, ANCOLS, CGLLS, CELRL··0
Marais poitevin, EPSF, ENSM··+1 à +2
ENAC782787+5
Société des grands projetsdont +88 ETPT de correction technique9601 002+42
Total opérateurs31 33031 159−170

IFPEN, ENAC et total : source dossier PLF 2027 du Secrétariat général (ces opérateurs relèvent de projets annuels de performances hors de notre corpus). Les autres chiffres sont confirmés par les projets annuels de performances.

Administration territoriale de l'État

L'Intérieur se renforce, l'Écologie se vide

Le PAP de la mission « Administration générale et territoriale de l'État » célèbre la « dynamique de réarmement de l'État territorial » et la « sanctuarisation de l'échelon départemental ».

Programme 354 · Intérieur+70 ETP

Préfectures et secrétariats généraux communs départementaux (SGCD)

Programme 217 · Écologie−73 ETP

DDT(M), DREAL, DIR, DIRM. Et −126 hors numérique.

L'État territorial qu'on « réarme » est celui des préfets et des fonctions support mutualisées. L'État territorial qui instruit, contrôle, entretient et prévient perd 73 ETP.

−36 ETP

Urbanisme, territoires, habitat (action 15)

−41 hors numérique. Environ −985 depuis 2018 et, avec l'ancien programme 337, près de 1 400 en douze ans. Au moment où montent la rénovation énergétique, la lutte contre l'habitat indigne, le zéro artificialisation nette et la prise en compte des risques dans l'urbanisme.

12,3 M€

de prestataires pour instruire les recours DALO

Le PAP justifie ce recours « dans un contexte de baisse des effectifs ». 146 558 recours en 2025, +34 % depuis 2019. On supprime les agent·es, on constate qu'il n'y a plus personne pour instruire, puis on paie des entreprises.

−14 ETP

Fonctions support (action 7)

−30 hors numérique, environ −1 678 depuis 2016 : ressources humaines, paie, comptabilité, logistique. Chaque suppression reporte la charge sur les agent·es restant·es et sur les services métiers.

P354

Le ministère ne pilote plus ses propres services

Le fonctionnement courant des DDT relève du ministère de l'Intérieur. Un poste de gestionnaire de flotte part encore vers le SGCD de Seine-Maritime. Les crédits du P354 pour les DDI ne couvrent pas les missions techniques.

−6 ETP

Affaires maritimes (action 11)

−12 hors numérique, environ −286 depuis 2016. La régularisation des lycées maritimes et des gendarmes maritimes ne change rien aux effectifs des services de contrôle et de surveillance.

12 M€

de postes autorisés jamais pourvus

La base d'exécution 2026 est inférieure de 12 M€ à la loi de finances. Le budget 2027 se construit dessus : les vacances de 2026 deviennent la nouvelle norme.

Salaires, précarité, action sociale, formation

Les agent·es paient deux fois

Aucune mesure catégorielle en 2027, « conformément aux arbitrages du Premier ministre », selon le dossier du Secrétariat général. Aucune revalorisation du point d'indice, conformément au gel annoncé par Sébastien Lecornu dans Le Figaro le 17 septembre 2026 (LégiFiscal).

0mesure catégorielle et point d'indice gelé
−4,6 M€de masse salariale pour les programmes 217, 147 et 112 (2 944,0 → 2 939,5 M€)
+3 M€de cotisations vieillesse pour les contractuel·les, et 8,9 M€ d'allocations chômage pour 1 200 bénéficiaires

Les carrières financées par les postes supprimés

Les seules hausses de la masse salariale sont subies ou mécaniques. Elles sont absorbées par les suppressions de postes et par la sous-exécution de 2026. Le déroulement normal des carrières est financé par les postes supprimés et non pourvus.

La précarité est budgétée : 3 M€ de cotisations vieillesse supplémentaires pour les contractuel·les, et 8,9 M€ d'allocations chômage pour 1 200 ancien·nes agent·es.

Masse salariale 2027 : ce qui monte, ce qui paie, en M€
Hausses subies ou mécaniquesCe qui les finance

Source : dossier PLF 2027 du Secrétariat général.

L'action sociale recule

Le dossier affiche une hausse globale (19,7 → 20,6 M€). L'action sociale au sens strict baisse de 16,5 à 16,0 M€.

La restauration baisse alors que le dossier lui assigne deux charges nouvelles : l'harmonisation des subventions repas des agent·es des DIR et DIRM, et la hausse du coût des repas. Promettre plus avec moins, c'est préparer une hausse du reste à charge. Les subventions aux associations sont gelées en euros courants, donc en baisse réelle.

La hausse de la prévention finance surtout des dépenses obligatoires et des services de santé au travail extérieurs « en l'absence de médecins du travail ». La médecine de prévention est externalisée faute de recrutement.

PosteLFI 2026PLF 2027Écart
Restauration collective7,7 M€7,3 M€−0,4 M€
Prestations et initiatives locales3,3 M€3,2 M€−0,1 M€
Partenaires associatifs (CAS, CGCV, FNACE, FNASCE)5,2 M€5,2 M€0
Travailleur·ses handicapé·es0,3 M€0,3 M€0
Total action sociale16,5 M€16,0 M€−0,5 M€
Prévention des risques professionnels3,2 M€4,6 M€+1,4 M€

Source : dossier PLF 2027 du Secrétariat général. Le projet annuel de performances ne donne que l'année 2027 (20,56 M€, dont 7,26 M€ de restauration).

La formation recule de 9 %

Selon le dossier du Secrétariat général, les crédits de recrutement et de formation professionnelle tombent à 7,7 M€, contre 8,5 M€ au PLF 2026. L'exécution 2026 n'atteint que 5,8 M€ après mise en réserve. Les écoles (ENTPE, ENPC) sont stables en euros courants, donc en baisse en volume. La formation à la transition écologique est noyée dans les 5,9 M€ du CMVRH.

Ce que revendique la FNEE-CGT

Un budget à la hauteur des missions, pas des missions ajustées au budget

  1. Un moratoire sur toute suppression de posteau P217 et chez les opérateurs du pôle ministériel, à commencer par le CEREMA, l'OFB, les agences de l'eau, l'IGN, Météo-France et VNF.
  2. Un plan pluriannuel de recrutement de titulairessur les missions d'adaptation et d'entretien : prévention des risques, police de l'eau et de l'environnement, entretien et exploitation des routes nationales et des ouvrages d'art, ingénierie publique en DDT.
  3. La titularisation des contractuel·les sur besoins permanentsplutôt que le financement de leur précarité, puis de leur chômage.
  4. Le dégel et la revalorisation du point d'indiceavec +10 % immédiat comme le portent l'UFSE et la CGT Fonction publique, et l'ouverture de mesures catégorielles en 2027.
  5. Le retour des moyens de fonctionnement des DDT et DREAL dans le périmètre du ministèreou, à défaut, leur présentation obligatoire dans les documents budgétaires ministériels.
  6. Le rétablissement des crédits d'action sociale et de formationau minimum à leur niveau de 2026, avec une restauration collective financée à la hauteur de l'harmonisation promise aux agent·es des DIR et DIRM.
  7. L'arrêt de l'extinction de la filière OPAet le recrutement sur les postes vacants plutôt que leur cession.

Contre-budget CGT · nos services et toute la fonction publique

L'argent existe. Voici où le prendre.

Le gouvernement supprime nos postes et gèle le point d'indice au nom du déficit. Dans le même budget, il réduit la surtaxe des très grandes entreprises et sanctuarise le crédit d'impôt recherche et le pacte Dutreil. Nous avons chiffré l'inverse, en deux étages : les revendications de la FNEE pour nos services, et +10 % sur le point d'indice dès 2027, comme le portent l'UFSE et la CGT Fonction publique.

Nos revendications 2027, coût brut par an22,5 Md€
Point d'indice +10 %, trois versants 22 Md€ Revendications FNEE pour nos services 0,52 Md€
Recettes, hypothèses prudentes, par an28,9 Md€
Grandes entreprises et niches fiscales 10,3 Md€ Aides et exonérations sans contrepartie 9,6 Md€ Fraude fiscale et très grands patrimoines 9 Md€
+6,4 Md€de marge en coût brut, près de 14 Md€ en coût net une fois déduits les cotisations et impôts que versent les agent·es. Même sans l'impôt plancher, le compte reste positif. Sans toucher aux ménages modestes et moyens ni aux retraité·es.

Pour se rendre compte

0,03 %

des niches fiscales

Les 370 postes perdus en 2027 (126 au programme 217 hors numérique, 238 chez les opérateurs selon le dossier du Secrétariat général, et 6 postes vacants d'OPA cédés aux Armées) coûtent environ 31 M€ par an. C'est 0,03 % des 91,8 Md€ de niches fiscales relevées par la Cour des comptes pour 2025.

29 000

agent·es : le prix du rabais fait aux grandes entreprises

Le PLF ramène la surtaxe des entreprises de plus de 1,5 Md€ de chiffre d'affaires de 7,5 à 5 Md€. Ces 2,5 Md€ équivalent au coût de 29 000 agent·es de nos ministères, presque tout le programme 217 (34 249 ETPT).

30 M€

d'avantage moyen pour le 1 % des bénéficiaires du pacte Dutreil

Selon la Cour des comptes, 1 % des bénéficiaires captent 65 % de cette niche de 5,5 Md€ (2024). Une seule de ces transmissions vaut presque le coût annuel des 370 postes perdus en 2027 (126 au P217, 238 chez les opérateurs, 6 OPA cédés).

8,1 Md€

de crédit d'impôt recherche sanctuarisé

Le CIR est la plus coûteuse des niches fiscales et le gouvernement n'y touche pas. Dans le même budget, le CEREMA et l'IFPEN, nos organismes publics d'ingénierie et de recherche, perdent 115 postes.

Deux étages, un même financement

Étage 1 · nos services

0,52 Md€

Les revendications de la FNEE : moratoire sur les 370 postes perdus en 2027 (126 au P217, 238 chez les opérateurs, 6 OPA cédés), 1 500 recrutements en trois ans, l'adaptation du fonds vert enfin payée, Météo-France, la prévention des risques, l'action sociale et la formation.

Financé près de 14 fois par les seules recettes du socle (7,2 Md€).

Étage 2 · le point d'indice

22 Md€

Ce que portent l'UFSE et la CGT Fonction publique : +10 % sur le point d'indice dès 2027 pour les trois versants, puis l'indexation sur les prix. Environ 15 Md€ en coût net.

Financé avec les hypothèses prudentes (28,9 Md€), et même sans l'impôt plancher (23,9 Md€).

Ce que nous finançons

MesurePar an
Étage 1 · nos services
Moratoire sur les 370 postes perdus en 2027 (126 au P217, 238 chez les opérateurs, 6 OPA cédés)31,5 M€
Plan de 1 500 recrutements de titulaires sur trois ans, 500 par an42,5 M€ la 1re année
127,5 M€ ensuite
Payer les 500 M€ d'adaptation promis par le fonds vert, au lieu de 197 M€303 M€
Rétablir la subvention de Météo-France28 M€
Rétablir la prévention des risques naturels et celle du retrait-gonflement des argiles31,1 M€
Rétablir l'action sociale et la formation au niveau de 20261,3 M€
Titulariser les contractuel·les sur besoins permanents ; rapatrier le fonctionnement des DDT et DREAL au ministèreneutre*
Total étage 1, en rythme de croisière522 M€
Étage 2 · le point d'indice
Point d'indice +10 %, trois versants22 Md€
Total, coût brutEnviron 15 Md€ en coût net22,5 Md€

* Le surcoût apparent de la titularisation est une cotisation retraite que l'État se verse à lui-même ; il économise l'allocation chômage des contrats non renouvelés (8,9 M€ budgétés en 2027 pour 1 200 bénéficiaires). Le rapatriement du fonctionnement est un transfert entre ministères.

Où nous prenons l'argent

RecettePar an
Socle FNEESurtaxe des grandes entreprises maintenue au taux de 2026 (2,5), CIR recentré de 20 % (1,6), aérien taxé (1,6), pacte Dutreil plafonné (1,5)7,2 Md€
Aller plus loin sur le CIR et le pacte DutreilCIR recentré de 40 % au total, 3 Md€ récupérés sur les 5,5 Md€ du pacte Dutreil3,1 Md€
Réduire les exonérations de cotisations au-dessus de 1,6 SMIC12,1 Md€ selon le rapport Bozio-Wasmer ; une partie est déjà reprise par les réformes 2025-20274 Md€
Conditionner les subventions et autres aides aux entreprises (−10 %)55,6 Md€ hors fiscalité et hors cotisations, selon le Sénat (2023)5,6 Md€
Récupérer 5 % de la fraude fiscalePlus de 80 Md€ par an ; suppose de recruter des contrôleur·ses aux Finances publiques4 Md€
Impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 M€Fourchette de 5 à 25 Md€ selon les hypothèses d'évasion ; 20 Md€ selon son auteur5 Md€
Total, hypothèses prudentes28,9 Md€

Chaque recette porte sur une base distincte, pour ne rien compter deux fois. Avec les hypothèses hautes de chaque fourchette, le total approcherait 68 Md€. Non comptés : le reste des 8,1 Md€ de niches défavorables à l'environnement relevées par le budget vert de l'État, au-delà de l'aérien.

Le plan de recrutement de nos ministères

1 500 postes là où le climat et l'usure frappent

Reconstruire en trois ans 1 500 des 4 963 postes supprimés au P217 depuis 2016, sur les missions d'adaptation et d'entretien. Coût en rythme de croisière : 127,5 M€ par an, 1,6 % du crédit d'impôt recherche.

La répartition est indicative. Elle se construit avec les sections, service par service.

Répartition indicative des 1 500 recrutements, en postes

Ce que ça change pour les agent·es

+197 €

brut par mois à l'indice majoré 400

Avec +10 % sur le point d'indice. +246 € à l'indice majoré 500. Le point est gelé à 4,92278 € par mois depuis juillet 2023.

27

agent·es de plus par DIR en moyenne

300 postes d'exploitation et d'OPA répartis entre les 11 DIR : des équipes d'intervention complètes et des astreintes moins lourdes.

3

postes d'ingénierie de plus par DDT(M)

Pour instruire le fonds vert, accompagner les communes sur les risques et l'urbanisme, et cesser de payer des prestataires pour faire notre travail.

Titulaires

plutôt que précaires

Les contractuel·les sur besoins permanents sont titularisé·es. L'État cesse de payer leur précarité puis leur chômage.

Ce qu'on va nous opposer

« Il faut réduire le déficit. »

Notre contre-budget est financé même en coût brut : 28,9 Md€ de recettes prudentes pour 22,5 Md€. En coût net, la marge approche 14 Md€. Et l'inaction coûte : le retrait-gonflement des argiles pèse déjà environ 1,1 Md€ par an sur le régime des catastrophes naturelles.

« Taxer les entreprises fera fuir l'investissement. »

La surtaxe ne vise que les entreprises de plus de 1,5 Md€ de chiffre d'affaires, et le gouvernement la reconduit lui-même. La Cour des comptes ne trouve pas d'effet du pacte Dutreil sur l'investissement ou l'emploi. Le CIR aide une partie de la recherche des PME : nous proposons de le recentrer et de plafonner les grands groupes, pas de le supprimer.

« Supprimer les exonérations détruira des emplois. »

Le rapport Bozio-Wasmer, commandé par le gouvernement, estime qu'une suppression totale au-dessus de 1,6 SMIC pourrait coûter environ 61 000 emplois. C'est pourquoi l'hypothèse prudente n'en reprend qu'un tiers. Et même sans cette recette, le contre-budget reste équilibré.

« On ne peut pas taxer le kérosène. »

Les conventions internationales protègent surtout les vols internationaux. Les vols intérieurs, la TVA des billets et l'aviation d'affaires relèvent de choix nationaux : c'est ce que vise notre estimation.

« Le point d'indice coûte trop cher. »

Environ 2,2 Md€ par point de hausse pour les trois versants, dont un tiers revient en cotisations et en impôts. Mais la valeur du point a perdu 28,6 % de pouvoir d'achat depuis 2000 selon la CGT, et plus de 15 % depuis 2017 selon la CGT Fonction publique. Les +10 % n'en rattrapent qu'une partie. Le gel n'est pas une économie : c'est une baisse de salaire.

« Vos chiffres sont gonflés. »

Les recettes prudentes retiennent le bas des fourchettes : 5 % de la fraude, 5 Md€ pour l'impôt plancher quand son auteur en attend 20, un tiers de ce que rapporterait la fin des exonérations au-dessus de 1,6 SMIC. Toutes nos hypothèses sont affichées : chacun peut refaire le calcul.

Nos hypothèses

  • Coût d'un·e agent·e de nos ministères : environ 85 000 € par an, pensions comprises (2 908 M€ de masse salariale du P217 rapportés à ses 34 249 ETPT en 2027). Il sert à l'étage 1 et aux comparaisons.
  • Point d'indice : 1 % de hausse coûte environ 2,2 Md€ pour les trois versants. C'est l'estimation de la Cour des comptes (2,07 Md€), actualisée des hausses de 2022 et 2023.
  • Coût net : environ deux tiers du coût brut, une fois déduits les cotisations et impôts que versent les agent·es. C'est la méthode retenue par la CGT en 2020 (+10 % sur le point : 18 Md€ brut, 12 Md€ net).
  • Revendication de l'UFSE et de la CGT Fonction publique : +10 % immédiat sur le point d'indice, d'après la plateforme confédérale d'avril 2026.
  • Recettes : les montants sur le CIR, le pacte Dutreil, les aides et la fraude sont des hypothèses de la fédération. L'impôt plancher a été adopté par l'Assemblée en février 2025 puis rejeté par le Sénat, et sa constitutionnalité est discutée.
  • Tous les montants sont annuels et donnés en ordre de grandeur. Ils servent à comparer des choix, pas à remplacer un chiffrage de Bercy.

Méthode

Un dossier bâclé, des angles morts

Le dossier du Secrétariat général compte 15 pages. Il ne couvre que les emplois, la masse salariale et le fonctionnement. Cette note le croise avec les projets annuels de performances 2027, transmis au Parlement.

Ce que le dossier ne dit pas

  • Les crédits d'intervention et d'investissement : entretien du réseau routier national (P203), fonds vert, fonds Barnier, prévention des risques (P181). Les abandons de missions se lisent donc à travers les effectifs.
  • Le fonctionnement des DDT, porté par le programme 354 de l'Intérieur. Le ministère ne présente plus les moyens de ses propres DDT.
  • Les subventions pour charges de service public des opérateurs : seuls leurs plafonds d'emplois figurent.

Ce qu'il dit mal

  • Les schémas d'emplois des opérateurs sont présentés comme « arbitrés en PLF 2026 », alors qu'il s'agit du PLF 2027.
  • 4,1 M€ d'« impact budgétaire lié à la loi 3DS » sans en dire la nature : droits d'option, mises à disposition, compensations ? Le PAP évoque une « impasse budgétaire », sans plus de détail.
  • 50 chef·fes de projet annoncé·es sur le P112 sans statut ni affectation.
  • Le PAP « Écologie » annonce la subvention de VNF pour 2027 « au titre du PLF 2026 ». Il impute la baisse de 28 M€ de Météo-France à un « effet de tendanciel » lié au supercalculateur, sans donner l'échéancier qui prouverait qu'elle est temporaire.

Le parlementaire qui recevra ces documents pour voter le budget ne pourra ni vérifier ces chiffres ni comprendre ce qu'ils financent.

Sources

D'où viennent les chiffres

  • Secrétariat général des ministères, DRH-DAF, Dossier de présentation du PLF 2027, Emplois, masse salariale, fonctionnement, septembre 2026.
  • PLF 2027, projet annuel de performances de la mission « Écologie, développement et mobilité durables » (programmes 203, 113, 159, 181, 217, 380).
  • PLF 2027, projet annuel de performances de la mission « Administration générale et territoriale de l'État » (programme 354).
  • PLF 2027, projet annuel de performances de la mission « Cohésion des territoires » (programmes 112, 135 et 147).

Les cumuls 2016-2027 par action sont calculés par la fédération à partir du tableau des schémas d'emplois du dossier, colonne « avec réinternalisation numérique » pour 2027. Décryptage FNEE-CGT du 2 octobre 2026.

Les chiffres attribués aux projets annuels de performances ont été contrôlés page par page le 5 octobre 2026. Les chiffres issus du seul dossier du Secrétariat général sont signalés comme tels.

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