PLF 2027 : le ministère de l’Écologie organise sa propre disparition, la CGT ne cautionnera pas !

jeudi 1er octobre 2026

Le 1er octobre, l’administration a réuni le CSAM pour présenter le budget 2027 de nos ministères. La CGT n’y était pas. Nous vous devons l’explication de ce choix, parce qu’une chaise vide n’est jamais un geste anodin.

Pourquoi nous n’avons pas siégé
Ce budget n’est pas soumis à négociation : il est arbitré d’avance à Matignon, et le CSAM ne peut en modifier une ligne. Siéger, c’était l’écouter, prendre acte, et permettre à l’administration d’écrire ensuite que les organisations syndicales avaient été « associées ». Nous refusons d’être l’alibi d’une politique que nous combattons. Notre absence n’est pas un retrait. C’est un refus, et nous le portons devant vous plutôt que dans une salle où tout était joué.

Ce que ce budget prépare pour vous
Les suppressions continuent. Depuis 2016, près de 5 000 emplois ont disparu de notre enveloppe budgétaire du pôle ministériel, soit un collègue sur sept. En 2027, 126 postes de plus disparaissent sur les missions. Les 53 créations annoncées servent à racheter les compétences informatiques que l’externalisation a fait fuir ; elles ne soulageront aucun service en tension. Dans les établissements publics, le CEREMA perd 60 emplois, l’OFB 24, l’IGN 25, l’ADEME 16, les agences de l’eau 15, les parcs nationaux 10.

Les postes vacants deviennent des postes supprimés.
Le budget 2027 est calculé sur ce qui a été réellement dépensé en 2026, moins que prévu, parce que nombre de postes n’ont pas trouvé preneur. Ce que le ministère n’arrive plus à recruter, il le raye. Votre charge de travail, elle, reste.

Vos salaires stagnent.
En 2027, aucune revalorisation du point d’indice et de vos primes. Chaque mois d’inflation est une baisse de salaire qui ne dit pas son nom.

La précarité est budgétée.
Le ministère prévoit 3 millions d’euros de surcoût lié aux recrutements de contractuels et un million de plus d’allocations chômage pour les fins de contrat. Il préfère payer la précarité plutôt que titulariser. Sur les formations et les recrutements de fonctionnaires le budget baisse de 9 %.

Votre action sociale recule. Elle passe de 16,5 à 16 millions d’euros. La restauration collective perd 400 000 euros alors que le prix des repas augmente : le reste à charge risque de suivre. Les crédits d’initiative locale de vos CLAS baissent, les subventions au CGCV et aux associations ministérielles sont gelées. Seuls augmentent les crédits pour des psychologues, des cellules d’écoute et des médecins extérieurs, faute de médecins de prévention. On ne soigne pas les causes, on finance les consultations.

Ce que nous vous proposons

L’action sociale, la formation, les effectifs n’ont jamais été des cadeaux de l’administration. Ce sont des conquêtes, arrachées par ceux qui nous ont précédés, et elles ne se défendent pas dans les salles de réunion seulement. Nous vous appelons à participer aux heures d’information syndicale organisées dans vos services, à interpeller vos directions sur les postes vacants et les suppressions qui vous concernent, à porter dans vos CLAS l’exigence de moyens plutôt que la gestion de la pénurie.
Le ministère organise sa propre disparition. Rien ne nous oblige à y consentir.