PPMR : la DMR déroule son plan, les accidents continuent

jeudi 1er octobre 2026

Sixième réunion du comité de suivi du plan de prévention des risques routiers (COSUI PPMR), le 22 septembre 2026 à la Tour Séquoia. Même constat que les fois précédentes : l’administration avance, mais la sécurité des agents d’exploitation ne progresse pas.

94 accidents à fin août

Le tableau de bord présenté par la Direction des mobilités routières (DMR) recense 94 accidents d’agents des DIR en zone d’intervention à fin août, contre 72 au bilan précédent. L’an dernier, il y en avait eu 147. Les chiffres restent aussi mauvais, et cela fait plusieurs années que ça dure.

Ces derniers mois, deux collègues de la DIR Ouest ont été blessés alors qu’ils sécurisaient un usager en panne. Un agent du ministère, détaché au conseil départemental de Côte-d’Or après les transferts de la loi 3DS, est mort pendant une intervention d’astreinte. Face à cette situation très anxiogène, la CGT a demandé une vraie prise en charge des traumatismes. La DMR a seulement rappelé les procédures qui existent déjà, alors qu’elles ne suffisent pas.

Effacer un accident des statistiques

Un collègue de la DIRMC a été grièvement blessé quand un pneu de son fourgon a éclaté. Il était d’astreinte et se rendait sur le lieu de l’intervention. L’accident a été reconnu comme accident de service, mais la DMR refuse de le compter dans l’observatoire, au motif qu’il ne s’est pas produit « en intervention ». Cette définition ne correspond pas à la réalité du travail et sert à faire disparaître une partie des accidents. La CGT dénoncera cette situation à la formation spécialisée du 13 octobre.

Une doctrine qui refuse de changer

Le volume 6 du manuel du chef de chantier ne sera ni modifié ni complété. Il porte d’abord sur la limitation de la gêne aux usagers. La DMR prévoit une simple note sur la sécurité des intervenants, et ses projets lient à deux reprises la sécurité des agents « aux moyens mobilisables ». Elle ne cite pas non plus l’instruction d’octobre 2013 sur la sécurité des agents face à la circulation, parce qu’elle est trop exigeante pour les autres gestionnaires routiers. Beaucoup de DIR ne l’appliquent toujours pas.

Le reste n’avance pas davantage. Certaines expérimentations de matériel durent depuis 2016 et ont été choisies sans consulter les agents. Le relevé des zones d’ombre n’a pas bougé depuis janvier. La clarification des rôles entre les différents intervenants est en discussion depuis la création des DIR. Le seul résultat que la DMR met en avant, des usagers qui roulent 5 km/h moins vite devant une FLR équipée d’un panneau B14, ne garantit en rien une vitesse adaptée dans les zones d’intervention.

Ce que la CGT exige

  • Faire de la sécurité des agents la priorité, même si cela gêne les usagers.
  • Harmoniser les procédures, au lieu d’avoir onze façons de faire dans onze DIR, avec la création d’un CSA de réseau pour les DIR.
  • Imposer des vitesses adaptées dans les zones d’intervention, notamment avec des bouchons mobiles.
  • Obtenir les effectifs et le matériel que les budgets d’austérité refusent.

Les effectifs et les réseaux diminuent chaque année, et l’accidentalité augmente. La sécurité n’est pas une fatalité. C’est une question de volonté et de moyens, et seul un rapport de force permettra d’imposer ces revendications.

FNEE-CGT – Montreuil, octobre 2026