29 septembre : la FNEE-CGT appelle à la grève dans tout le pôle ministériel

mercredi 23 septembre 2026

La FNEE-CGT a déposé ce 22 septembre auprès de la ministre de la Transition écologique un préavis de grève pour la journée du 29 septembre 2026. Salaires, service actif, réorganisations à marche forcée, police de l’environnement exposée, action sociale rognée : les raisons de se mobiliser ne manquent pas, et la ministre a désormais l’obligation de négocier.

Le SMIC comme horizon de carrière

Depuis le 1er juillet, 862 000 agents publics perçoivent une indemnité différentielle pour ne pas être payés sous le SMIC. Ils étaient 356 000 en janvier. Ce sont les chiffres du gouvernement lui-même.

Dans nos services, ces chiffres ont un visage. C’est l’agent d’exploitation des routes ou des voies navigables qui, après vingt ans de nuits, d’astreintes et d’interventions sous circulation, touche le même traitement que le collègue recruté la veille. La catégorie B démarre au salaire minimum, la catégorie A le dépasse de quelques euros, les pensions de catégorie C passent sous ce seuil. La grille ne dit plus rien de la carrière.

Le ministre des Comptes publics juge le système « obsolète ». Nous récusons le mot. Le point d’indice a perdu près du tiers de sa valeur en vingt-cinq ans, il est gelé depuis 2023, et une nouvelle année blanche est annoncée pour 2027. Un système qu’on prive de sang n’est pas obsolète : il est exsangue. Ce n’est pas le statut qui a failli, c’est un choix politique.

Service actif : la pénibilité reconnue, la bonification refusée

Les personnels d’exploitation des routes et des voies navigables sont classés en service actif. L’État a donc reconnu lui-même la pénibilité et le danger de leurs missions. Mais faute de la bonification que d’autres corps actifs ont obtenue de longue date, ils partent avec des carrières incomplètes et des pensions amputées. La FNEE-CGT exige une annuité de bonification pour cinq années de services effectifs.

Un ministère laboratoire de l’État qui recule

Le pôle ministériel est l’un des terrains d’essai de ce choix :

  • l’administration centrale est réorganisée au 1er janvier 2027, calendrier avancé de quatre mois, sans étude d’impact ni effectifs cibles : DGALN coupée en deux, DGPR supprimée, CGDD démembré ;
  • les autorités environnementales : la réforme sera tranchée le 8 octobre, six semaines seulement après la première consultation des organisations syndicales ;
  • l’ADEME est promise à la tutelle des préfets ;
  • à l’OFB, l’employeur a ouvert une plateforme invitant le public à signaler le comportement des inspecteurs de l’environnement, y compris hors du cadre professionnel.

La logique est la même partout : faire reculer l’État qui contrôle au profit de l’État qui accompagne. On désarme la police de l’environnement par les textes, on expose ceux qui l’exercent, et on attend d’eux qu’ils contrôlent encore. Tout cela au lendemain d’un été qui a montré ce que coûte l’absence de puissance publique face au dérèglement climatique.

L’action sociale, c’est du salaire

Quand le salaire direct est gelé, l’employeur se rattrape sur le reste. L’action sociale ministérielle, conquise par les personnels et gérée avec eux dans les CLAS, le CCAS et le CGCV, n’est ni une œuvre de bienfaisance ni un catalogue de prestations. C’est du salaire socialisé, et l’austérité le rogne comme tout le reste.

Ce que nous revendiquons

Avec l’ensemble de la CGT, pour toute la fonction publique :

  • le point d’indice à 6,50 € immédiatement, indexé sur les prix ;
  • la refonte des grilles, avec le doublement du traitement entre début et fin de carrière complète et la reconnaissance des qualifications ;
  • le rétablissement de la GIPA ;
  • l’égalité salariale femmes-hommes ;
  • la suppression du jour de carence et le maintien à 100 % de la rémunération en congé maladie ordinaire ;
  • « un emploi permanent, un fonctionnaire titulaire » : plan de titularisation, relance des concours, abrogation des mesures qui généralisent le contrat.

Pour le pôle ministériel et ses établissements :

  • l’arrêt des suppressions d’emplois et les créations nécessaires aux missions ;
  • la bonification du service actif pour les personnels d’exploitation des routes et des voies navigables ;
  • la revalorisation des régimes indemnitaires et des taux de promotion ;
  • la suspension du calendrier de réorganisation de l’administration centrale, la production de l’étude d’impact et des effectifs cibles, et l’examen du projet par les instances, à commencer par un CSAM dans une composition régulière ;
  • des garanties d’indépendance pour l’inspection des installations classées et l’évaluation environnementale, et l’abandon du service à compétence nationale pour les autorités environnementales ;
  • l’abandon de l’article 7 plaçant l’ADEME sous l’autorité des préfets ;
  • la fermeture de la plateforme de signalement visant les agents de l’OFB et l’application pleine et entière de la protection fonctionnelle ;
  • le maintien des garanties statutaires dans les établissements publics, contre la généralisation des quasi-statuts ;
  • un budget d’action sociale à la hauteur des besoins, le respect des prérogatives des CLAS, du CCAS et du CGCV et les moyens de fonctionnement de leurs élus.

La ministre n’est pas spectatrice

Nous savons ce qui relève de l’interministériel et ce qui relève de la ministre. Sur le point d’indice et les grilles, nous attendons qu’elle porte au gouvernement la voix des agents dont elle est l’employeuse. Sur le reste (emplois, calendrier des réorganisations, ADEME, OFB, action sociale, régimes indemnitaires, promotions), rien ne l’empêche de répondre : c’est de son autorité. La loi l’oblige à négocier pendant la durée du préavis. La FNEE-CGT y est prête.

Le 29 septembre, en grève

Le préavis couvre tous les personnels (titulaires, contractuels, ouvriers d’État, salariés de droit privé) des services centraux, des services déconcentrés et des établissements publics sous tutelle, de 0 h à 24 h le 29 septembre, ainsi que les nuits du 28 au 29 et du 29 au 30 septembre pour les collègues en horaires de nuit.

La FNEE-CGT appelle ses syndicats à organiser l’action et tous les personnels à y participer, partout où elle se construit.

Les appels à la mobilisation de la CGT Fonction publique et de l’intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP