
Vous trouverez ci-joint « Impulsion » (N°6 - Septembre 2026), une publication de la FNEE-CGT (PDF au format A5)
Une loi qui recule sur les pesticides, une ministre qui reste en poste pour la forme, des arrêtés sécheresse publiquement défiés au cœur de la pire crise hydrique jamais enregistrée à cette date. En trois jours de juillet, la séquence a résumé le paradoxe qui structure désormais notre existence professionnelle. Le numéro 6 de L’Impulsion en prend la mesure.
Jamais les missions confiées à notre pôle ministériel, le climat, l’eau, les risques, la biodiversité, le logement, les transports, n’ont été aussi vitales. Jamais les moyens de les exercer n’ont été aussi méthodiquement réduits. Chacune en fait l’expérience à son poste, mais en ordre dispersé : l’instructeurrice qui voit s’allonger les délais, l’agente de terrain qui tourne seule là où l’on tournait à deux, lela gestionnaire dont la fonction support a migré vers une plateforme et un système de tickets. Ce numéro rassemble ce que la dispersion empêche de voir.
Le titre n’est pas de circonstance : c’était, mot pour mot, celui d’une tribune publiée par la fédération en février 2021, et l’alerte remonte à 2011. Quinze ans d’analyses datées, publiées, vérifiables, et pas une démentie par les faits.
La mesure est accablante. Le pôle ministériel est passé de plus de 83 000 agentes en 2011 à 61 484 fin 2022, plus du quart de sa substance, pendant que l’effectif global de l’État augmentait. En 2024, la loi de finances votait pour la première fois depuis des années 319 créations d’emplois ; le pilotage de la masse salariale en a autorisé 122 ; les effectifs ont encore reculé de 683. La machine budgétaire désarme l’administration de l’écologie d’elle-même, contre le vote du Parlement si besoin.
Au sommaire :
– l’histoire, des Ponts et Chaussées au grand ministère de 2007 puis au lent démembrement ;
– la cartographie du pôle, parce qu’on ne défend bien que ce qu’on connaît ;
– la mise sous tutelle, qui est un choix politique et non une péripétie d’organigramme ;
– le travail réel, dans la crue, sur le terrain, au guichet, que nulle plateforme ne remplacera.
La conclusion tient en une phrase : la reconquête de nos missions n’est pas la défense d’un pré carré, elle est la condition de la bifurcation écologique elle-même. Un ministère fort n’est pas notre confort. C’est l’outil du pays.


