
Vous trouverez ci-joint le Communiqué CGT-Environnement du 22 avril 2026 :
« L’OFB à Brest : les officiels trinquent, les agents rament. »
La ministre en charge de l’Environnement, Monique Barbut, s’est déplacée vendredi dernier au pôle de l’OFB à Brest. Bonne nouvelle ? Était-ce un premier signe de la reconnaissance de l’importance de nos missions ?
Un intérêt du gouvernement pour la préservation de la biodiversité marine ?
Hélas, on en est loin ...
La suite du texte du communiqué :
| Souvenez-vous, c’était presque hier : le 31 mars 2023, l’ancienne capitainerie du port de Brest, siège de l’Agence des aires marine protégées de 2008 à 2016, s’embrase dans la nuit. Cet incendie fait suite à une manifestation violente de plusieurs centaines de marins-pêcheurs devant le bâtiment, protestant contre d’hypothétiques mesures de protection des fonds marins. Devant ce déferlement, le Préfet de l’époque avait, déjà, laissé faire plutôt que d’encadrer la mobilisation par les forces de l’ordre. Une cinquantaine de nos collègues se sont alors retrouvés sans lieu et sans outil de travail, et surtout choqués par l’utilisation politique de l’OFB comme épouvantail auprès de la profession. Il a fallu plusieurs mois pour les reloger dans des bureaux en location. Les agents ont ensuite envoyé un courrier collectif au secrétaire d’Etat à la Mer, Hervé Berville, lui demandant de l’aide et un soutien affiché de la part du gouvernement. Au bout de deux mois, le ministre a enfin daigné venir rencontrer les agents (à l’occasion d’un salon dédié au développement de l’économie maritime...). L’échange n’avait duré qu’une heure, sans qu’il ne convainque de son engagement pour la biodiversité marine, ni ne promette de moyens supplémentaires pour faire face aux conséquences de l’incendie. Depuis, la galère des agents de Brest a continué : des équipes dispersées dans trois bâtiments éloignés, un fonctionnement forcé en flex-office ou dans des bureaux surchargés. En parallèle, les effectifs augmentent, du fait des politiques budgétaires de l’établissement, qui réalise de plus en plus ses missions via des fonds européens. Comme ces postes sont financés sur des recettes externes, il s’agit d’emplois précaires, sur des contrats de plus en plus courts, que les agents des services RH ne parviennent plus à suivre. Les délais de recrutement se rallongent, les erreurs de paie se multiplient et les attestations de fin de contrat (indispensables pour faire valoir ses droits auprès de France Travail) tardent pendant des mois. Bref, les conditions de travail et d’emploi des agents de Brest sont très dégradées. La semaine dernière, nous apprenons que la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, viendrait pour l’inauguration de la Capitainerie, reconstruite 3 ans après l’incendie. Dans un premier temps, les agents sont informés de la possibilité d’un échange avec elle ... mais finalement, non, ça ne sera pas possible, ce temps n’est pas prévu. Nous apprendrons plus tard qu’elle préfère visiter une exploitation agricole. Le soutien et l’écoute des agents de l’OFB ne sont donc pas sa priorité. Ainsi, les agents brestois devront se contenter d’un échange avec le DG, Olivier Thibault, et le DG délégué aux Ressources, Denis Charissoux. Prévenus la veille par courriel, pour une rencontre prévue un vendredi au milieu des vacances scolaires, les agents ne se sont pas déplacés en masse : une trentaine sont présents, soit un quart de l’effectif brestois de l’OFB. Les autres n’auront pas raté grand-chose : le DG vante les bienfaits des contrats de projets et du « management agile » (alors qu’une enquête réalisée par la CGT a montré les conséquences désastreuses de la précarité - https://cgtenv.github.io/enquete_precarite/), tandis que le DGD- R, qui a déjà un pied hors de l’OFB, répond aux questions sérieuses par des « vannes » inappropriées. Vient midi et le moment de l’inauguration de la Capitainerie restaurée. La ministre arrive, suivie d’un aréopage de personnalités et d’élus (préfet maritime, président du conseil départemental, maire de Brest, et tout le gratin). Le DG y voit des soutiens, nous ne voyons que des élus soignant leur plan de communication. Les agents de Brest doivent se contenter de faire de la figuration et d’écouter poliment les discours. Ils sont tenus à bout de gaffe, afin qu’aucun d’entre eux n’ait l’outrecuidance de parler à la ministre de leurs problèmes. Et quand il faut tenir le ruban bleu-blanc-rouge qu’elle doit couper, on ne fait pas appel aux personnels du site de Brest, invisibilisant ainsi les agents en CDD ou en intérim ... Une parfaite illustration de la démocratie sociale mise en œuvre par le gouvernement. En conclusion, nous rappelons que quatre syndicats de l’OFB (CGT, Sne-FSU, FO et EFA-CGC) ont fait la demande d’une entrevue à la Ministre depuis le 13 février 2026, avec une relance le 9 avril, demandes restées à ce jour sans réponse.... Puisqu’elle trouve le temps de participer à de telles mondanités, il nous semble qu’elle devrait réussir à consacrer un moment aux représentants des personnels de l’OFB. Nous n’oublions pas non plus que les travaux de reconstruction à Brest ont coûté 2 millions d’euros, montant que l’assurance de l’OFB a dû prendre en charge puisque la Justice a classé le dossier « sans suite ». Pour notre part, nous souhaitons que les coupables soient punis et paient pour les dégats qu’ils ont faits. Tout comme pour la centaine de dégradations commises envers d’autres sites de l’OFB par les syndicats agricoles hostiles aux réglementations environnementales... Enfin, nous alertons encore une fois la Direction de l’OFB sur la situation des agents du pôle de Brest, comme de Vincennes et de Pérols : la moitié des agents sont sur des emplois précaires, c’est beaucoup trop ! Cela aggrave la surcharge de nos collègues des services supports et cause une perte de compétences catastrophique pour l’établissement. Les résultats de notre enquête sur la précarité montrent une réalité bien différente du narratif du Directeur Général, comme le précise le graphique ci-dessous. Les conditions de travail se détériorent également : en remplacement des bureaux détruits, La direction générale de l’OFB a profité de cette opportunité pour tout basculer en open- space et flex-office ... afin de gagner deux postes de travail. Décidée depuis Vincennes sans consultation, il y a fort à parier que cette nouvelle organisation, totalement inappropriée au bâti existant, engendrera encore du mal-être au travail. Mais peu importe, l’essentiel semble être que le « management agile » perdure ! Pour finir, nous saluons la patience et les capacités d’adaptation des agents brestois, qui durant ces trois années de transition ont su s’organiser du mieux qu’ils le pouvaient. Mais aujourd’hui, ils sont fatigués de si peu de considération, alors qu’on déroule le tapis rouge et prépare les petits fours à ceux qui ne travailleront jamais dans ces locaux. Voir les Résultats de l’enquête réalisée par la CGT Environnement : https://cgtenv.github.io/enquete_precarite |
Pour la CGT Environnement, il est urgent :
● Dans le cadre de la création de nouveau bâtiment ou de la réorganisation des lieux de travail, d’associer pleinement les agents qui sont les seuls capables de définir précisément leurs besoins pour répondre aux missions de l’établissement ;
● De mettre un frein au développement de la précarité. Les missions pérennes de l’établissement doivent être réalisées par des titulaires et financées par l’Etat et non par des fonds européens, dont le maintien ne semble pas assuré au vu des discussions sur le retrait du programme Life dans le budget européen 2028-2034 ;
● Que nos ministres de tutelle défendent les missions et soutiennent les métiers de l’établissement pas uniquement en paroles mais aussi dans les actes, ce qui commence par une réelle volonté de dialogue avec les personnels et leurs représentants.
Assez de mépris ! De la considération pour tous les agents de l’OFB !
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