
Tribune unitaire initiée par la CFDT et la CGT « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires » publiée le 28 février 2026 sur le site de La Tribune du Dimanche et Lettre ouverte de la CGT aux candidates et candidats hors RN aux élections municipales et communautaires 2026.
Le Dossier de presse ci-joint comprend la lettre de la CGT accompagnée de ses propositions visant à renforcer les politiques publiques de proximité pour répondre de manière égale, aux besoins sociaux, économiques et environnementaux de toute la population, avec un développement équilibré et solidaire du territoire.
Municipales 2026 : Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires
Texte de la Tribune unitaire (ci-joint) publiée le 28 février 2026 sur le site de La Tribune du Dimanche
(et en version papier le 1er mars 2026) ⤵️
| Le danger de l’extrême droite n’a jamais été aussi présent. Son projet ne se cache plus : remettre en cause les équilibres démocratiques, fragiliser les droits fondamentaux et imposer une vision autoritaire de la société. Partout où elle gouverne, le même bilan : justice sous contrôle, presse muselée, syndicats et associations entravés, droits sociaux laminés, droits des femmes attaqués, urgence climatique niée. Ce n’est pas de la politique, c’est un système qui détruit méthodiquement ce que des générations ont construit. Les élections municipales à venir constituent un tournant décisif. La mairie, c’est la première porte de la République. C’est là que se joue concrètement l’égalité : le logement accessible ou hors de prix, les transports qui fonctionnent ou pas, l’école qui reste ouverte, la crèche, les lieux culturels de proximité,le bon fonctionnement de la démocratie locale, le service public qui résiste… Confier cette première porte à l’extrême droite, c’est laisser entrer ceux qui veulent refermer la République sur elle-même. C’est accepter que l’égalité, la solidarité et le vivre-ensemble reculent dans nos propres rues. L’extrême droite ne sort pas de nulle part. Elle se nourrit du déclassement, des territoires abandonnés, du travail qui ne paie plus, des services publics qui ferment. Elle grandit aussi lorsque le débat public se laisse enfermer dans ses thèmes, lorsque la stigmatisation, souvent traversée par le racisme, l’emporte sur la recherche de solutions. Mais rien n’est joué. Les mobilisations de ces derniers mois l’ont démontré : ce pays refuse le pire. Des millions de personnes restent attachées à la démocratie, à la justice sociale, aux libertés. Cette force existe. Elle attend des perspectives concrètes, pas des discours creux. Faire barrage à l’extrême droite ne peut se limiter à des déclarations de principe. Cela exige des réponses concrètes aux urgences qui fracturent le pays : redonner du sens au travail, agir pour les salaires, les minimas sociaux et le pouvoir d’achat, protéger les plus précaires, investir dans les services publics, lutter contre les inégalités territoriales, accompagner les transitions industrielles et écologiques, renforcer la démocratie locale et sociale. Les forces républicaines ont la responsabilité de présenter des projets clairs et crédibles, en prise avec les réalités vécues par les habitantes et les habitants. C’est par la cohérence des choix, la lisibilité des positions et la capacité à répondre aux urgences sociales et territoriales que l’extrême droite peut être durablement contenue. Les élections municipales se jouent aussi dans la clarté des choix, en particulier au second tour. Face à l’extrême droite, l’ambiguïté n’est pas une option. Les électrices et les électeurs ont besoin de repères lisibles, de positions assumées et de refus explicites de toute complaisance avec les partis d’extrême droite. La responsabilité républicaine impose de ne laisser aucun doute sur le fait que l’extrême droite ne peut être un partenaire, ni direct ni indirect, de la gestion de nos communes. Dans chaque territoire, nous alerterons, mobiliserons et interpellerons les candidates et candidats aux élections municipales. Nous leur demanderons comment ils entendent défendre concrètement la démocratie, la cohésion sociale et l’égalité des droits, et quelle part ils prendront dans la lutte contre l’extrême droite. L’extrême droite avance là où l’on renonce à la justice sociale, aux services publics et à la démocratie. Lui faire barrage ne se décrète pas. Cela se construit. Maintenant. Les signataires : Marylise Léon, Secrétaire générale de la CFDT - Sophie Binet, Secrétaire générale de la CGT - Najat Vallaud-Belkacem, Présidente de France Terre d’Asile - Cécile Duflot, Directrice générale d’Oxfam France - Bruno Morel, Président d’Emmaüs France - Nathalie Tehio, Présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) - Dominique Sopo, Président de SOS Racisme (...) |
Dossier de presse CGT
Lettre ouverte de la CGT
Madame, Monsieur,
Les prochaines élections municipales seront déterminantes pour les orientations qui façonneront, pour les années à venir, la vie quotidienne des communes et de ses habitant.es. Elles doivent être l’occasion de porter l’ambition de politiques publiques de proximité exigeantes pour répondre aux besoins sociaux, économiques et environnementaux de toute la population, dans une visée de développement équilibré et solidaire du territoire.
L’extrême droite a fait de ces élections un objectif central pour renforcer l’implantation de proximité qui lui fait actuellement défaut pour espérer gagner les élections présidentielles. L’extrême droite est un danger majeur pour notre démocratie et pour nos villes et villages. Pour lui faire obstacle, il convient de répondre aux aspirations du monde du travail, de lutter contre le déclassement qui lui sert de terreau et de refuser fermement la banalisation de ses idées.
La commune est le premier échelon de la République, celui qui incarne le mieux la proximité et la réponse aux besoins des usagers. Pourtant, les communes et plus largement les collectivités territoriales ont été mises à mal par les dernières réformes notamment en matière de fiscalité : la suppression de la taxe professionnelle puis d’une partie de la CVAE et la suppression de la taxe d’habitation qui les ont privées de moyens déterminants.
Il y a donc urgence à construire une tout autre fiscalité pour garantir l’égalité territoriale, notamment par des dispositifs de péréquation, la libre administration des collectivités, la justice sociale, la satisfaction des besoins usager.es et les conditions de travail et de rémunération des 2 millions d’agentes qui œuvrent quotidiennement à la réalisation des missions du service public territorial. 2 millions de fonctionnaires qui n’en demeurent pas moins des électrices et électeurs aux élections municipales 2026.
La CGT porte des propositions qui visent à renforcer ces politiques publiques et à répondre de manière égale aux besoins de la population sur les territoires.



