
L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), acteur historique de la cartographie, de la géodésie et de la gestion des données forestières, traverse une crise profonde.
Selon un communiqué syndical diffusé fin août, la direction prévoit de supprimer près d’un tiers des effectifs de production d’ici 2029, soit plus d’une centaine de postes. Une restructuration qui se traduit déjà par l’arrêt des recrutements de techniciens et la fin des contrats de longue durée.
Officiellement, il s’agit d’une « modernisation » : l’automatisation des processus et une polyvalence accrue des agents devraient, selon la direction, compenser les coupes dans les effectifs. Mais pour les représentants du personnel, cette orientation cache une réalité bien plus brutale : celle d’un démantèlement progressif d’un service public essentiel.
Le rapport sénatorial publié le 27 juin dernier confirme l’impasse budgétaire dans laquelle se trouve l’IGN. Gratuité des données publiques, absence de financements pluriannuels, dépendance accrue aux appels à projets : les missions croissantes de l’établissement se heurtent à des moyens toujours plus restreints. Faute de stratégie pérenne, la direction mise sur les grands projets et les partenariats publics-privés, au prix d’une fragilisation structurelle.
La CGT IGN dénonce une logique de flexibilisation néolibérale, où l’innovation devient un prétexte à la réduction des coûts et à l’externalisation, au détriment des compétences et de la qualité des données. Le risque, selon le syndicat, est double : voir disparaître des savoir-faire collectifs indispensables, et compromettre la souveraineté nationale sur l’information géographique.
Car au-delà de l’institut lui-même, ce sont des missions cruciales pour la planification écologique, la cohésion territoriale et la politique agricole – notamment à travers le Registre Parcellaire Graphique, outil central de la PAC – qui sont directement concernées.
L’avenir de l’IGN interroge donc : doit-il devenir une plateforme expérimentale soumise à la logique des financements extérieurs, ou rester un service public structurant, garant de l’universalité et de la qualité de la donnée géographique ?
Pour les syndicats, le choix est clair : la défense d’un bien commun qui ne peut être réduit à une marchandise.
Vous trouverez ci-joint le Communiqué de presse de la CGT-IGN du 27 août 2025 « Suppression de postes et précarisation : la direction de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) organise la casse de son service public »


