La montée des eaux dans les Outre-mer : quelles stratégies pour s’adapter ?

lundi 19 mai 2025

Déclaration du groupe CGT au Conseil Économique Social et Environnemental lors de la séance plénière du 13 mai 2025 sur l’Avis « La montée des eaux dans les Outre-mer : quelles stratégies pour s’adapter ? ». L’avis du CESE a été adopté à l’unanimité avec 132 voix pour.

Vous trouverez également ci-joint l’avis intégral et le résumé de l’avis.

La montée des eaux est un phénomène inéluctable causé par le changement climatique dont les impacts sont déjà visibles. Depuis un siècle, le niveau moyen des océans a augmenté de plus de 20 cm. Les Outre-mer sont en première ligne face à la montée des eaux : leur aménagement concentré sur les bandes littorales et la fragilité de leurs écosystèmes en font les territoires français les plus exposés à la montée des eaux.

Dans son avis, le CESE établit un état des lieux pour chaque territoire ultramarin et présente les solutions actuellement à leur disposition ainsi que leurs limites. Enfin, il identifie les évolutions indispensables pour organiser au mieux l’adaptation face à la montée des eaux.


La montée du niveau des eaux se manifeste en Outre-mer par des phénomènes de submersion marine, d’érosion du trait de côte, d’inondations, de salinisation des terres et des nappes phréatiques. Elle impacte tous les territoires en Outre-mer à un horizon temporel plus rapproché que dans l’Hexagone. Ses effets entraîneront des conséquences importantes dès 2028 selon le CEREMA, avant une accélération qui touchera massivement les territoires à partir de 2050. Dans l’estimation du CEREMA, 1 046 bâtiments sont identifiés comme exposés au recul du trait de côte en 2028 (hors Guyane) et plus de 20 000 seront menacées en 2050.
Cet avis du CESE vise à établir un état des lieux de chaque territoire, présenter les solutions actuelles, leurs limites et les évolutions indispensables.
Le CESE attire l’attention sur la nécessité d’agir dès à présent malgré un horizon temporel qui peut sembler éloigné. Il demande une réponse adaptée à l’urgence et aux risques, tout en ayant une vision de moyen terme de l’adaptation et des investissements à réaliser.
Pour le CESE, l’enjeu est de promouvoir le concept de « juste équilibre entre l’humain et la nature » et de concevoir des politiques d’adaptation ajustées aux populations de chaque territoire sur une longue durée en préservant les espaces naturels qui sont les meilleurs alliés de la résilience des territoires. Il convient de planifier la réponse au risque dès maintenant et d’intégrer les conséquences de la montée des eaux dans toutes les décisions publiques, notamment dans les plans d’aménagement et d’urbanisme. (...)


Texte de la Déclaration du groupe CGT, lors de la séance plénière du CESE le 13 mai 202

L’avis qui nous est soumis aujourd’hui est très documenté pour chaque territoire ultra-marin avec beaucoup de données scientifiques qui montrent bien l’importance du sujet.

La montée des eaux est une des conséquences des transformations climatiques, aggravées par la multiplication d’évènements extrêmes, et environnementales dues à l’activité humaine intensive : artificialisation, pollutions...

En raison de leurs réalités géographiques et naturelles, les OM sont les premiers territoires touchés par ces phénomènes d’augmentation du niveau des mers et océans avec leurs lourdes conséquences humaines, sociales, environnementales, économiques, financières.
Les réalités sociales ultra-marines aggravent ces difficultés : pauvreté, précarité, habitat informel...

Les enjeux sont :
➡︎ Connaitre et partager la connaissance pour informer, alerter les populations et anticiper,
➡︎ Lutter contre les atteintes, voire les destructions, des milieux naturels et de la biodiversité, la salinisation de l’eau douce et des terres,
➡︎ Identifier les zones d’habitat et d’activités, les infrastructures et les équipements collectifs menacés,
➡︎ Accompagner les populations et les porteurs d’activités,
➡︎ Préserver les identités et cultures,
➡︎ Résoudre les questions de financements,
➡︎ Interpeller le rôle des différents acteurs, en respectant leur statut, leurs particularités et leurs compétences propres, et en particulier l’Etat.

Des solutions sont expérimentées ou mises en place :
➡︎ Déplacement de populations et d’activités (Le Précheur, Miquelon),
➡︎ Préservation et reconstitution autant que possible des espaces naturels protecteurs sensibles,
➡︎ Utilisation des techniques traditionnelles de construction.

A partir d’un travail associant toutes les parties prenantes, des décisions politiques doivent désormais être largement engagées en faveur d’un programme volontariste et financé.

Les préconisations de ce rapport constituent un axe concret, précis, ciblé et argumenté des actions à mettre en œuvre.

La CGT a voté cet avis.