FNEE-CGT Appel de la Commission Exécutive Fédérale Montreuil, le 8/09/2026

Pôle Ministériel Écologie • Aménagement du territoire • Transports • Ville • Logement • Établissements Publics

LE MINISTÈRE BRÛLE, LA MINISTRE DEMISSIONNAIRE REGARDE AILLEURS

Salaires, effectifs, missions : la ministre fait table rase.

Tout le mois de septembre, dans tous les services et tous les établissements. Toutes et tous en grève le 29 septembre.

Un été qui a tout dit

Ce n'est plus une alerte, c'est un état de fait. Et il ne relève plus de la prospective : il relève désormais de l'organisation quotidienne du travail dans nos services.

Il faut en tirer une conclusion politique. Pendant que le pays brûlait, ceux qui expliquent depuis vingt ans que le dérèglement climatique serait une invention d'experts, une lubie de bureaucrates ou un prétexte à taxes, ceux qui à l'extrême droite ont voté contre chaque mesure de prévention et réclament la suppression des agences et des opérateurs qui font ce travail, n'avaient rien à dire. Leurs thèses se sont fracassées sur le réel. Il n'existe pas de politique climatique de la préférence nationale : le feu, la sécheresse et la canicule ne demandent de papiers à personne. Ce qui protège, ce sont des services publics, des agents et des moyens.

Derrière les pompiers, il y a une chaîne entière

Les sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, et les personnels de la sécurité civile ont été sur les feux jour et nuit. Ils ont notre respect et notre solidarité, et ils subissent la même austérité budgétaire que nous.

Mais un feu se combat aussi avant qu'il ne parte, et longtemps après son extinction. Cette part la du travai l est la nôtre, et elle ne se voit pas.

Les prévisionnistes de Météo-France, qui ont produit et assumé des vigilances rouges sur des dizaines de départements à la fois. Les inspecteurs de l'environnement de l’OFB et les techniciens en hydrométrie des DREAL , qui ont constaté et documenté l'assèchement du réseau hydrographique et fait respecter les restrictions d'usage. Les services eau et risques des DDT-M et des DREAL, qui ont instruit les arrêtés de restriction dans l'urgence, département après département. Les agents des parcs nationaux et des réserves, en première ligne sur les massifs fermés. Les agents des agences de l'eau, face à des nappes au plus bas. Les agents de VNF, sur des biefs à sec et des chômages imposés par le manque d'eau. Les agents des routes dans les DIR, qui ont travaillé sous circulation avec des températures de surface qui rendent le port des EPI difficilement soutenable. Les agents de l'IGN et du CEREMA, dont les données et l'expertise sont mobilisées pour cartographier des risques que plus personne ne conteste. Et les agents de la DGAC dans le Sud-Ouest, qui ont tenu leur mission dans des conditions dégradées, sous la fumée, avec un trafic bouleversé et une noria de moyens aériens à intégrer, alors qu'ils étaient eux-mêmes concernés par les évacuations. Ceux-là ont travaillé pendant que leur propre famille quittait la maison.

Rien de tout cela ne fait la une. C'est pourtant ce qui permet à une alerte d'être donnée à temps, à une restriction d'eau d'être opposable, à un massif d'être fermé avant le départ de feu, à un réseau de tenir. Nos collègues l'ont fait à effectifs réduits, avec des matériels vieillissants, dans des locaux non adaptés à la chaleur, et sans un euro de plus sur la feuille de paie.

Quand l'État réduit les moyens de la prévision, de la police de l'eau, de la prévention des risques et de l'entretien des réseaux et infrastructure, ce sont les pompiers qu'il envoie ensuite au feu avec une charge supplémentaire. Nos revendications et les leurs sont les mêmes.

La récompense : trois ans de gel du point d’indice

Le 8 juillet, après le rendez-vous salarial tenu avec la DGAFP, le gouvernement a confirmé le gel du point d'indice pour 2027. Troisième année consécutive, et les huit organisations syndicales ont quitté la table.

Mais trois ans ne disent pas l'essentiel. Le point d'indice est désindexé des prix depuis le début des années 1980, et bloqué ou quasi bloqué depuis. Nos propres calculs le mesurent : depuis le 1er juillet 2010, les prix ont augmenté de 25,76 % quand la valeur du point n'a progressé que de 6,32 %. Ce n'est pas un accident de conjoncture, c'est une politique salariale conduite sans interruption par des gouvernements successifs, de droite comme de gauche.

Le résultat est mesurable. 862 000 agentes et agents publics perçoivent désormais une indemnité différentielle pour atteindre le SMIC, contre 356 000 avant le 1er juin. Nos grilles sont écrasées par le bas. Les carrières ne progressent plus. La prime exceptionnelle de pouvoir d'achat a été supprimée. Pendant ce temps, l'État trouve sans difficulté des dizaines de milliards pour la programmation militaire et plus de 200 milliards d'aides publiques aux entreprises, sans contrepartie, sans évaluation et sans contrôle.

Et la même méthode est désormais annoncée pour nos anciens. Le ministre de l'Économie a rouvert à la mi-août l'hypothèse d'une désindexation des pensions sur l'inflation, et le Premier ministre l'a confirmée fin août comme une piste du budget 2027, qui sera présenté fin septembre. Après le gel du point d'indice pour les actifs, la désindexation des pensions pour les retraités : c'est exactement le même levier, l'inflation chargée de faire le travail à la place d'une décision assumée. Ce que nous perdons en activité, nous le perdrons une deuxième fois en retraite, puisque nos pensions sont calculées sur ce traitement que l'on gèle. Nous le disons clairement : nous ne laisserons pas opposer les actifs et les retraités, nous combattons les deux mesures ensemble.

Il n'y a pas de problème d'argent, il y a un choix politique. Ce choix, il se conteste.

Des conditions de travail devenues un facteur de risque

La canicule n'est plus un aléa exceptionnel. C'est une condition de travail permanente d'une partie de nos métiers, et elle exige des moyens, pas des consignes de prudence diffusées par note de service.

Nous exigeons des mesures opposables : adaptation effective des horaires et des plannings en période de vigilance, aménagement réel des chantiers et des interventions extérieures, locaux et véhicules équipés, points d'eau et zones de repli, matériels et EPI adaptés aux fortes chaleurs, arrêt des interventions au-delà des seuils de danger. Ces sujets relèvent des CSA et des F3SCT. Nous appelons les élus à les y inscrire dès la rentrée, et à user pleinement du droit d'alerte et du droit de retrait quand la situation le justifie.

Nous rappelons également notre position sur la sécurité des interventions sous circulation. La protection des agents des routes ne viendra pas de dispositifs symboliques ni du durcissement des sanctions. Elle viendra des moyens humains, du matériel, de l'organisation du travail, de l'information et de la formation des usagers.

Des missions démantelées au moment où elles deviennent vitales

Le paradoxe est intégral. L'été 2026 a démontré que les missions de ce ministère, prévision, police de l'eau et de l'environnement, prévention des risques, gestion de la ressource, entretien des réseaux et infrastructure, expertise publique, sont des missions de survie collective. Et c'est précisément le moment choisi pour les affaiblir.

Coupes sur les crédits de l'OFB et ponction sur sa trésorerie, au moment même où ses agents constatent l'assèchement des rivières. Crédits de l'ADEME rabotés. Fonds vert amputé. Subvention de VNF réduite alors que le réseau souffre du manque d'eau. CEREMA maintenu sous tension financière permanente. Non-remplacement des départs annoncé pour 2027. Et une offensive politique répétée contre la police de l'environnement, dont le seul tort est d'appliquer la loi. On ne fait pas face à une crise climatique avec des services publics qu'on démantèle. Nos missions ne sont pas un coût. Elles sont la seule capacité collective dont dispose le pays pour encaisser ce qui vient.

Pendant que le pays brûlait, la ministre sur sa chaise longue a parlé d'adaptation, de trajectoires et d'accélération. Dans les services, « l’adaptation » de la ministre  s'appelle des effectifs, des matériels et des salaires. Sur ces trois points, elle fait table rase.

Toutes et tous en assemblée générale en septembre. Toutes et tous en grève et dans la rue le 29 septembre.

La commission exécutive fédérale de la FNEE-CGT


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