Tract fédéral : Pour l’égalité tous les jours et tout au long de la vie

lundi 7 mars 2011

Pour l’égalité tous les jours et tout au long de la vie

Les femmes occupent des emplois moins épanouissants.
Selon une enquête de l’Insee pour le ministère du Travail, publiée fin 2010, les femmes occupent des emplois où le travail semble « moins épanouissant », ont moins souvent des responsabilités hiérarchiques et accèdent plus difficilement à des formations. « Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, qualifiés ou non, les hommes ont plus souvent des postes de responsabilité hiérarchique », à « 35 %, contre 19 % ». Certes, les femmes sont désormais plus nombreuses à avoir le statut de cadre mais cela n’implique pas des fonctions « d’encadrement » d’équipes (il existe les fonctions d’expertise).

Ainsi, « parmi les cadres, 62 % des hommes et 49 % des femmes encadrent d’autres salariés ». « Plus l’environnement de l’entreprise est masculin, plus les responsables hiérarchiques sont des hommes » et « même lorsque l’entreprise compte plus de deux-tiers de femmes, les responsables sont des hommes dans 56 % des cas ». Les femmes déclarent moins fréquemment que leur métier leur permet d’apprendre des choses nouvelles (68 %, contre 75 %), leur travail semble plus monotone (41 % disent réaliser des tâches diversifiées, contre 46 % pour les hommes). Elles sont 21 % (19,5 % pour les hommes) à ne jamais avoir bénéficié de formation professionnelle. Les femmes s’estiment « plus souvent débordées dans leur travail » en particulier quand elles ont de jeunes enfants, sont « moins confiantes dans l’utilité de leur travail » et « moins satisfaites de leur salaire ». Elles travaillent plus souvent à temps partiel.
La lutte contre la réforme des retraites a mis plus que jamais en évidence les inégalités entre les femmes et les hommes. Elles sont criantes. La pension de retraite moyenne des hommes s’élève à 1617 euros contre 782 euros pour les femmes.

Dans la fonction publique d’Etat, la loi sur les retraites aggravera la situation des femmes, 2 exemples :

- diminution du minimum garanti (l’amputation peut aller jusqu’à 200 euros pour les pensions inférieures à 1000 euros, ce qui concerne de nombreuses femmes de catégorie C)

- suppression du dispositif autorisant un départ anticipé pour les fonctionnaires ayant 15 ans de service et 3 enfants (31 % des femmes font valoir ce droit dans la fonction publique)

- et pour les entreprises la suppression de la référence au 31 décembre 2010 comme date butoir pour l’application réelle de l’égalité salariale.

Pourtant d’après le Conseil d’Orientation des Retraites, la mise en œuvre de l’égalité salariale rapporterait d’ici 2030, 78 milliards dans les caisses des régimes de retraite. De quoi régler une bonne partie des financements.
Nous constatons une fois de plus que, si cette réforme des retraites est une régression sans précédent pour tous les salariés, les femmes en sont les principales victimes.

Concernant le ministère :

La charte du ministère 2010-2013 pour la promotion de l’égalité et de la parité femmes-hommes indique que les femmes dans l’encadrement supérieur représentent au Ministère, 8 % en Services Déconcentrés et 27 % en Administration Centrale, soit une moyenne de 20 %. Et certains organigrammes reflètent un manque flagrant de femmes dans son encadrement supérieur.

C’est souvent au début de leur carrière qu’il est demandé, aux hommes comme aux femmes d’être mobiles et disponibles et ce, bien souvent au moment où les femmes ont des enfants en bas-âge.
Subsistent aussi des discriminations liées notamment à la mobilité imposée au cours d’un déroulement de carrière ou de formations post-concours éloignées du domicile ou encore au manque d’institut de formation en Ile de France tel qu’un IRA en région parisienne.

En matière de RTT, l’élargissement du forfait-cadre joue contre l’égalité professionnelle. Une disponibilité sans limite est demandée qui est très discriminante pour les femmes, avec souvent des réunions de plus en plus tardives organisées par les hiérarchies. D’ailleurs, la limite d’un horaire fixé à 17h pour débuter une courte réunion ne figure plus dans la charte.

Nous revendiquons également pour les hommes au travail les mêmes possibilités pour assumer leur condition de père : la possibilité d’utiliser le temps partiel et de prendre leur congé paternité sans nuire à leur carrière. Nous pensons que cela contribuerait à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes au ministère.

Nous constatons une progression du nombre de femmes dans la filière technique (16,82 %). Toutes filières confondues, le niveau de qualification des femmes augmente. Pour ce qui concerne la filière d’exploitation, les femmes sont toujours très peu présentes. Le cadrage DIR, les discussions en cours sur la RTT vont à l’encontre d’une amélioration de leurs conditions de travail et de vie familiale. A noter pour ces femmes (et les hommes dans le même cas), lorsqu’elles sont contraintes de travailler à temps partiel, subissent une discrimination inacceptable. En effet, de par leurs missions, elles ont l’obligation d’effectuer un service de nuit. Outre la pénibilité reconnue du travail de nuit qu’elles subissent, ces heures effectuées, lorsqu’elles travaillent à temps partiel ne sont pas majorées contrairement à tout autre collègue qui travaille à temps plein. La CGT considère que le travail de nuit ne doit pas être banalisé, tout comme celui du dimanche, il doit correspondre à de réels besoins de service public.

En administration centrale les femmes subissent une vie stressante avec notamment les problèmes quotidiens de transport ; des logements sociaux à proximité de la Défense sont nécessaires, nous l’avons déjà signalé dans d’autres instances notamment avec l’installation d’un plan déplacement.

La CGT pour sa part, est vigilante sur ce sujet de première importance. D’autant plus que l’égalité professionnelle est l’une des principales revendications à laquelle aspirent les salariés.

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